Mieux comprendre le vaste et complexe univers des troubles du spectre autistique

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DISTRICT Encore mal compris, relativement peu étudié et surtout, particulièrement compliqué à prendre en charge, l’autisme est au centre du nouveau programme de formations à l’accompagnement de Pro Infirmis. Un cours destiné à tout un chacun, pour en savoir un peu plus sur cette épineuse problématique.

L’autisme. Un concept fourre-tout, à la fois inquiétant et déroutant, bourré de clichés et qui voyage très souvent accompagné de toute une série de fausses idées. «En fait, c’est un mot qui ne devrait plus être utilisé. Aujourd’hui on parle plutôt de troubles du spectre autistiques.» Armée d’un large sourire et de cette discrète assurance propre à celles et ceux qui maîtrisent leur domaine, Laurène Zenhäusern met les choses au point d’entrée. «Il y a plein de représentations erronées qui gravitent autour de ce terme. Ceci principalement car ces troubles sont restés tabous pendant longtemps. Il y a quelques années encore, on en traitait la plupart comme on traite la schizophérnie, par exemple. Ce qui est un non-sens total», poursuit l’éducatrice spécialisée.

En apprendre un peu plus
Afin de tordre le cou à ces idées toutes faites d’une part, mais aussi afin de permettre à tout un chacun d’en apprendre un peu plus, Pro Infirmis Jura a décidé de mettre sur pied un cours spécifiquement consacré à l’autisme. Intégré au programme de formations à l’accompagnement de l’institution helvétique, il s’adresse à un vaste pannel de personnes. «Il peut être suivi dans le cadre d’une formation globale et donc plutôt destiné à des personnes souhaitant s’investir auprès de personnes souffrant de handicap. Mais il peut aussi être suivi de manière unique et s’ouvre ainsi à des parents, à des proches aidants, à des personnes potentiellement en contact avec des enfants souffrant de ces troubles ou, tout simplement, à n’importe qui qui voudrait en savoir un peu plus sur la thématique», détaille l’enseignante spécialisée au Collège Thurmann de Porrentruy, en charge de ce cours, au mois d’avril prochain.

De nombreuses méthodes de prise en charge
Car, comme le souligne Laurène Zenhäusern, l’autisme, ou plutôt les troubles du spectre autistiques, ont autant de déclinaisons qu’ils ont de manières d’être traités. «C’est un domaine délicat et complexe, qui peut être très déroutant pour les personnes qui vont y être confrontées. En plus du fait qu’ils ne se détectent pas forcément au premier abord, ils peuvent prendre des formes très variées: une personne va peut-être être incapable de communiquer avec des mots, pendant qu’une autre parlera très librement mais va par contre trouver complètement insupportable le bruit d’un marteau-piqueur dans la rue.» D’où la difficulté également, pour les professionnels, de trouver à chaque fois, le bon protocole de prise en charge. «Il existe de nombreuses méthodes pour communiquer avec une personne souffrant de troubles autistiques. Mais le point fondamental d’une prise en charge reste la cohérence: il faut que les parents, les proches et les professionnels s’accordent sur une méthode et la suivent.»

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Un retard à combler
Ces concepts, approches et outils de prise en charge permettant de mieux embrasser cette vaste problématique seront évidemment traités en détail dans le cours proposé par Pro Infirmis l’an prochain. «On se rend compte qu’en Suisse, et même en Europe, on est passablement en retard sur la prise en charge des personnes atteintes de ces troubles. Que ce soit en matière d’études sur le sujet ou même de structures adaptées», précise Laurène Zenhäusern. D’où l’importance, voire même l’urgence, d’y remédier.

Sébastien Fasnacht

Laurène Zenhäusern, éducatrice et enseignante spécialisée.

Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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