PORRENTRUY La page «INTERVIEW» de votre journal change de peau! Toutes les deux semaines, la personnes interviewée devra répondre à des questions spécifiquement ajoulotes. En prime, elle choisira une œuvre de l’illustrateur Guznag pour évoquer un lieu qui lui est cher à Porrentruy. Et qui mieux que l’artiste bruntrutain lui-même pour s’y coller en premier?

Julien Schmidt, alias Guznag, dans son atelier bruntrutain. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

Journal L’Ajoie: Guznag, vous habitez Porrentruy, vous y avez grandi… quel est le lien qui vous unit à l’Ajoie?

Guznag: C’est ici que je vis, c’est mon petit monde. Je trouve super poétique d’imaginer tout ces appartements en vieille ville de Porrentruy avec dans chacun quelqu’un qui s’active, qui se passionne pour quelque chose. Je suis vraiment attaché à la région, son côté village où tout le monde se salue dans la rue. Alors oui, c’est vrai que le côté commérages est parfois un peu relou, mais c’est ici que je me sens bien.

Qu’est-ce qui fait le charme particulier de «votre» Ajoie?

Mon Ajoie, c’est l’Ajoie d’automne. Celle avec un temps un peu crade qui vous oblige à rester dedans, à mettre des grosses vestes avec des poches que l’on peut remplir de plein de trucs. Celle où on se réjouit de rentrer au chaud pour manger un plat de la Saint-Martin et celle où on peut aller au bistrot et tomber sur deux ou trois potes sans même avoir pris rendez-vous.

Si vous deviez définir les Ajoulotes et les Ajoulots en trois mots?

Je dirais «jovial, généreux et accueillant». C’est un peu nul, non?

Euh… question de point de vue. Mais pourquoi ces trois mots?

Ils résument très bien ce que sont les gens ici. Il y a une simplicité dans les rapports humains où l’on se dit les choses (parfois peut-être un peu trop d’ailleurs), où l’on va vers l’autre, l’esprit de village dont je parlais avant.

Vous avez une image très positive de votre région! Et pourtant, il y a bien quelque chose que vous changeriez?

Je suis toujours triste de voir la vieille ville se vider. Tout le monde ne partagera pas mon avis, mais je pense qu’on devrait sortir les voitures du centre, faire en sorte que le gens se réapproprient l’espace. Je regrette aussi parfois l’inertie, le manque d’idées ou le manque d’ambition dans certaines intiatives ou certaines réalisations.

Quelle est l’association, le club ou la structure ajoulote qui vous fait vibrer?

Je dirais la SSNPP (Société des sciences naturelles du Pays de Porrentruy) ou la Fondation des marais de Damphreux. J’adore la nature et ces gens font ce qu’il faut pour la préserver, la mettre en valeur. Ça n’apporte peut-être rien de concret directement aux gens mais moi j’aime ça, alors j’en parle!

Une spécialité culinaire?

Il faut que ce soit en rapport avec la Saint-Martin?

Pas nécessairement…

Dans ce cas… les rognons des Deux-Clés à Porrentruy. Ce bistrot n’a pas forcément besoin de pub, mais vous savez que j’ai des potes vaudois qui se réjouissent de venir ici juste pour ça?

Et pour finir, une personnalité ajoulote?

La Monique Comte du Restaurant de la Cigogne. Il fait bon avec elle, autour d’une table. On peut parler de trucs super sérieux ou faire des blagues douteuses, elle sera toujours partante. Elle est spontanée, comme son établissement. Je l’aime bien!
Propos recueillis par Sébastien Fasnacht, publié dans le N°466, le 27 septembre 2018

CARTE D’IDENTITÉ :

Âge: 32 ans

Domicile: Porrentruy

Profession: illustrateur

Hobbies: La taxidermie, l’ornithologie, la nature en général


UN DESSIN À LA CROISÉE DES CHEMINS

«Cette illustration est très importante à mes yeux pour plusieurs raisons. Déjà, même si j’ai un peu de peine à me retrouver dans des grandes foules, j’adore les dessiner. J’aime beaucoup aussi l’ambiance des bistrots, que ce soit ici ou ailleurs et les piliers de bar sont pour moi une vraie source d’inspiration. En plus, c’est grâce à cette illustration que j’ai commencé à dessiner pour la galerie parisienne Daniel Maghen. Un pote à moi, Tayfun Yilmaz, l’a montrée lors d’un des ses passages là-bas et depuis, je dessine régulièrement pour eux. C’est un dessin qui compte beaucoup pour moi.» SF

Crédit: © Guznag