Noha Sylvestre, le retour aux sources

Noha Sylvestre est passé en quelques années des Londoniens de West Ham aux SR Delémont. Mais il garde le même plaisir de jouer. © Stéphane Gerber
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BURE / DELÉMONT Son expérience avortée au club anglais de West Ham et son manque de jeu à Neuchâtel Xamax n’ont pas eu raison de sa motivation. De retour dans son Jura natal, Noha Sylvestre a parfaitement su rebondir aux SR Delémont. Le point après un premier tour très convaincant.

Tous les sportifs le savent: une carrière tient parfois à peu de choses. Pour Noha Sylvestre, qui était engagé dans une voie royale vers la Premier League anglaise, deux blessures au genou ont mis fin à ses espoirs de percer à West Ham. Débarqué à Xamax à l’été 2019, le Buret n’a jamais vraiment eu sa chance en Super League. Mais aujourd’hui, avec Delémont en 1re ligue, l’Ajoulot a retrouvé le plaisir du jeu.

«En Angleterre, je me levais pour jouer au foot. Aujourd’hui, je vais à l’entraînement pour décompresser, après une longue journée de travail. Ça me plaît tout autant», affirme l’Ajoulot. Pour lui, s’identifier à un projet collectif, dans l’une des deux meilleures formations jurassiennes, était important. «À Delémont, il y a toujours quelqu’un que je connais dans le public, que ce soit ma famille ou des gens avec qui j’ai grandi. J’avais besoin de retrouver mes racines, renchérit-il. On vient de finir le premier tour, mais j’ai déjà hâte de recommencer!»

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«Je me sens bien»

Pour Noha Sylvestre, ce retour au quatrième échelon suisse n’a rien d’une rétrogradation. Il lui permet de concilier son apprentissage avec le sport semi-professionnel, puisque c’est ainsi qu’est qualifiée la 1re ligue. «Je suis vraiment satisfait de cette première moitié de saison, lâche-t-il.  Nous étions beaucoup de nouveaux joueurs, avec un nouvel entraîneur. Il a fallu un temps d’adaptation, mais nous bénéficions du gros boulot des dirigeants. Je me sens vraiment bien ici

Lors du premier tour, le seul motif de déception constitue «quelques points bêtement perdus», qui font qu’aujourd’hui les SR Delémont se retrouvent dans une position de chasseurs et non de chassés. Au niveau personnel, Noha Sylvestre a réussi à éviter les pépins physiques depuis son arrivée au SRD. «Ces quatre dernières années, je n’ai joué aucune saison complète. J’ai toujours été ralenti par une blessure. Cette saison, tout va bien et j’espère que ça continuera. Car je sais que j’ai besoin de ce rythme d’un match par semaine pour retrouver mon meilleur niveau. Et je ne fermerai jamais la porte au football professionnel.»

Accrocher les finales

Au moment de regarder vers la seconde moitié de la saison, le milieu de terrain buret espère que son équipe ira chercher l’une des deux premières places, voire la troisième, synonymes de finales de promotion. «Nous jouons dans un groupe très serré, où tout peut arriver, relativise-t-il. Mais au vu de la qualité de l’équipe, nous pouvons accrocher les premières places.» Selon Noha Sylvestre, Wohlen est favori (et surtout ambitieux), mais la bataille fera rage derrière les Argoviens. Les Delémontains ont jusqu’au printemps pour régler les problèmes internes liés à la non-qualification de leur coach Gashi, qui a raté ses examens d’entraîneur. «Nous devons faire confiance aux dirigeants et nous concentrer sur le terrain», coupe Noha Sylvestre à ce sujet.

Si une promotion n’est pas à l’ordre du jour cette année, les Vadais n’ont jamais vraiment caché leurs ambitions de retrouver la Promotion League. «Passer les finales est une étape difficile, reconnaît l’Ajoulot. Mais ce serait magnifique pour la région, que ce soit l’été prochain ou dans deux ou trois ans. Quand je vois l’euphorie autour du HC Ajoie, je me dis que ce serait incroyable de réaliser une promotion nous aussi, et de permettre au football jurassien de se distinguer. Mais d’ici là, nous devons jouer tous les week-ends à 200%. C’est comme ça que nous arriverons à faire de grandes choses.» C’est dit. 

Maxime Rérat

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