Objectif Ligue des Champions

Marianne Di Pasquale, du FC Clos du Doubs à la Ligue nationale A © Pierre Maillard - Servette FC
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SAINT-URSANNE/GENÈVE Peut-être sera-t-elle la sportive jurassienne de l’année: sélectionnée pour les Mérites sportifs 2019, Marianne Di Pasquale est une footballeuse chevronnée. Actuellement en tête du classement de LNA avec son club, le Servette FC Chênois Féminin, la sportive des bords du Doubs rêve de rencontres internationales.

Au sein de l’actuel leader du championnat de Ligue A, voilà où elle a choisi de vivre sa passion. Depuis six ans maintenant, Marianne Di Pasquale joue au football à Genève, dans les rangs du Servette FC Chênois Féminin. C’est aussi dans ce même club que cette enfant de Saint-Ursanne travaille, alliant ainsi vie professionnelle et amour du ballon rond. Mais si aujourd’hui la sportive de 26 ans s’épanouit dans la cité de Calvin, c’est bien sur du gazon ajoulot qu’elle a tiré ses premières passes.

Les débuts du foot féminin

Chausser des crampons? Une évidence pour elle, la fille de l’entraîneur des juniors de Saint-Ursanne. Marianne n’a d’ailleurs que 5 ans lorsqu’elle intègre l’école de foot. Nous sommes en 1998, et le football féminin n’est encore qu’à ses balbutiements. Mais cela importe peu: «J’ai toujours été bien intégrée, ça n’a jamais posé de problème de jouer avec les garçons», précise-t-elle. Au fil des ans, elle progresse au FC Clos du Doubs, puis du côté de Courgenay et de Cornol. Mais arrive l’adolescence et l’âge où les filles ne sont plus admises dans les équipes masculines. Marianne est alors réorientée vers une équipe féminine, à Courtedoux d’abord puis à Cœuve. «Ces formations étaient rares à cette époque et, comme les filles n’avaient pas eu beaucoup de temps de jeu et que les entraîneurs étaient peu nombreux, le niveau était beaucoup plus bas. Mais j’ai vécu de très belles années dans le Jura», confie-t-elle.

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Coup de pouce du destin

En parallèle, Marianne fait un apprentissage à la Poste de Porrentruy, puis part travailler à Delémont tout en poursuivant ses entraînements. Repérée lors d’un tournoi en salle par les dirigeants d’Yverdon, elle saisit la balle au bond: «Je jouais alors en 4e ligue, et on me proposait de faire un test en LNA! Au lieu de deux fois par semaine, on s’entraînerait tous les jours… J’ai vraiment vu là une porte ouverte.» Et comme pour l’en persuader, la chance vient s’en mêler: «Le masseur du club yverdonnois travaillait lui aussi à la Poste et souhaitait s’installer dans le Jura. Nous avons donc échangé nos places de travail, et j’ai même pu reprendre son appartement. En un mois c’était réglé!»

À 18 ans, notre footballeuse prend donc son envol et restera deux ans dans le club de la cité balnéaire vaudoise. Mais alors qu’elle a quitté les terrains depuis six mois – «J’avais besoin de lever le pied» -, elle se voit à nouveau sollicitée, par une amie genevoise cette fois-ci qui l’invite à rejoindre le FF Chênois Genève. «L’équipe jouait en ligue B et j’ai accepté, juste pour la fin de saison…» C’était il y a six ans.

Un match après l’autre

Depuis, bien des choses ont changé. Sur le plan professionnel, Marianne a quitté le géant jaune et travaille désormais pour la logistique du Servette FC. Côté gazon, son équipe – rebaptisée Servette FC Chênois Féminin depuis la fusion avec les Grenat il y a deux ans – est aujourd’hui en demi-finale de la Coupe de Suisse et pointe en tête du championnat de Ligue nationale A. «Devant Zurich, l’équipe emblématique du football féminin!», s’enthousiasme la numéro 6 qui tempère immédiatement: «Mais on garde la tête froide et on prend match après match.» Et gageons que notre Ajoulote y consacrera toute son énergie, car au bout du chemin pourrait se trouver ce qu’elle appelle son rêve: «Si on termine dans les deux premiers du championnat, on pourra faire les barrages de la Ligue des Champions, en août. Et après, pourquoi pas, rencontrer Barcelone ou Manchester…» Mais avant cela, un autre rendez-vous l’attend, en terre jurassienne cette fois-ci, puisqu’elle a été nominée pour les Mérites sportifs jurassiens 2019 qui seront remis le 5 mars à Delémont.

Élise Choulat

Article paru dans notre édition abonnés n° 533 du 20 février 2020

EDIT: Marianne Di Pasquale n’a finalement pas été élue Sportive jurassienne de l’année 2019. Mais elle a vécu son rêve de Ligue des Champions l’année suivante puis, en 2021, a décroché le titre de championne suisse féminine de football avec le Servette FC Chênois Féminin. Elle nous en parle dans notre édition abonnés n° 597 du 10 juin 2021

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