Patrick Corbat: «L’économie de notre région est actuellement florissante»

Patrick Corbat, 3e génération à la tête du Groupe Corbat de Vendlincourt. © Groupe Corbat
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VENDLINCOURT Valoriser le bois régional de manière durable, c’est le credo de la société Corbat Holding SA à Vendlincourt. Créée en 1930 par Paul Corbat, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par le petit-fils, Patrick Corbat, également président de la Chambre de commerce et d’industrie du Jura. Avec lui, revenons sur une économie importante de notre région forestière.

Journal L’Ajoie : Patrick Corbat, vous êtes avant tout le patron du Groupe Corbat actif dans la valorisation du bois régional (pellets, traverses de chemin de fer, parquet, éléments de construction en lamellé-collé, etc.). Comment se porte aujourd’hui votre domaine d’activité?

Patrick Corbat: La part du bois dans le secteur de la construction a fortement progressé ces dernières années. De nouvelles technologies d’usinage, de collage, d’assemblage, ont permis des solutions novatrices, également esthétiques et rapides à mettre en œuvre. Malheureusement, cette tendance réjouissante n’a pas profité au bois local: le franc fort, respectivement l’effondrement de la valeur de l’euro a fait exploser en parallèle le volume de bois importé. On oublie que l’euro fluctuait jusqu’à 2008 entre 1.50 et 1.60 CHF! Mais la tendance semble se stabiliser depuis une année. Par ailleurs, le développement durable s’impose gentiment, et avec lui la nécessité de valoriser nos ressources indigènes. Nos responsables politiques locaux réalisent l’absurdité de rénover leurs écoles ou leurs bâtiments administratifs avec du bois importé alors qu’ils ne vendent plus celui qui pousse dans nos forêts.

De manière plus globale maintenant, quel regard porte le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Jura sur l’économie ajoulote?

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L’économie de notre région est actuellement florissante, portée par une conjoncture très favorable du secteur horloger, en particulier dans le haut de gamme. Le secteur des machines et de l’automation compte également plusieurs entreprises jurassiennes très novatrices et performantes. La situation reste plus difficile dans les secteurs confrontés à la concurrence étrangère, comme le commerce de détail ou certains services.

Quelles sont ses forces et ses faiblesses?

Dans tout ce qui a trait à la micromécanique, nos entreprises ont développé des savoir-faire pointus qui leur ont permis de rester compétitives. Toutes essayent de trouver des marchés de niche et de développer des compétences spécifiques. Les choses sont plus difficiles dans les produits et services de masse, où la petitesse de notre marché national nous rend vulnérables par rapport aux grands acteurs internationaux.

La proximité de la frontière est-elle une chance ou au contraire un handicap?

De toute évidence les deux! Les acteurs du commerce de détail de Porrentruy ont évidemment la vie plus difficile que ceux d’Interlaken ou de Lucerne! Par contre, sans l’apport de la main-d’œuvre frontalière, de nombreuses industries locales n’auraient pas pu se développer comme elles l’ont fait dans notre coin de pays.

Selon vous, que faudrait-il faire pour améliorer la situation économique de notre district?

Au plan politique, maintenir voire améliorer des conditions cadres favorables, ne pas resserrer le corset légal et normatif. Pour les acteurs économiques, oser des paris sur l’avenir, prendre des risques et saisir les opportunités, en particulier celles liées aux nouvelles technologies et à la digitalisation.

Propos recueillis par Élise Choulat, publiés le 5 juillet 2018 dans le N°456

CARTE D’IDENTITÉ
Âge: 63 ans
État-civil: marié, trois enfants adultes
Domicile: de et à Vendlincourt!
Formation: licence et doctorat en sciences économiques
Emploi actuel: administrateur de Corbat Holding SA
Parcours professionnel : dans l’industrie du bois depuis 1981, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Jura depuis 2013
Hobbies : escalade, hockey sur glace

 

 

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