Plus que des objets, des histoires!

Une (toute) petite partie des trésors de la brocante Oethel & Cie. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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PORRENTRUY Gérant de la brocante Oethel & Cie, Didier Oeuvray s’est mis en tête d’animer le prochain lundi de Pentecôte en créant un véritable parcours d’antiquaires le long des quais de l’Allaine. Une idée qui nous permet de nous arrêter quelques instants au cœur de son univers fait d’objets, cela va sans dire, mais aussi et surtout d’histoires fascinantes.

Au moment de franchir la porte de la brocante de Didier Oeuvray à Porrentruy, et juste après avoir pris à droite au bout du petit vestibule, il n’est pas impossible que le visiteur non averti soit soudainement pris de vertiges devant l’immensité de l’espace qui s’ouvre devant lui et face au nombre d’objets hétéroclites qui l’occupent. Une fois ses esprits repris, il se rendra cependant compte qu’ici, l’ordre règne en maître. Les choses sont là où elles doivent, rangées et classées sans laisser la moindre place au hasard ou au chaos. Derrière son comptoir, le maître des lieux veille sereinement sur un univers qui, à ses yeux, n’est autre qu’une ribambelle d’histoires toutes plus incroyables les unes que les autres et simplement matérialisées sous la forme d’objets destinés à survivre à leurs précédents propriétaires.

Philosophe, commerçant et sociologue

Avant d’ouvrir Oethel & Cie au numéro 7 de la rue Gustave-Amweg à Porrentruy, Didier Oeuvray a passé cinq ans à Alle, également comme brocanteur. Encore avant cela, il a eu d’autres vies qui, bien qu’elles aient été toutes riches d’expériences et de rencontres, n’ont pas réellement comblé l’homme qu’il a toujours été. Par contre, depuis qu’il trace son chemin comme brocanteur, c’est une autre histoire. «J’ai toujours eu un intérêt pour les choses anciennes, pour les objets, pour ce qu’ils emportent avec eux lorsqu’ils passent d’une personne à l’autre. Au-delà de l’aspect purement matériel de mon métier, je peux mettre en pratique des valeurs qui me sont chères. À l’heure actuelle, alors que l’on ne sait bientôt plus rien faire d’autre que consommer, le fait de récupérer, nettoyer et remettre en état des objets anciens pour qu’ils vivent à nouveau compte beaucoup pour moi.»

Les choses anciennes ont toujours passionné Didier Oeuvray. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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À la fois philosophe, commerçant et oreille attentive de la palette variée de clients qui se succèdent dans son échoppe, Didier Oeuvray est aussi et surtout un sociologue dans l’âme, témoin privilégié des bouleversements existentiels des personnes qu’il aide à débarrasser leur maison. «Certains font ça vite, d’autres ont besoin de temps. Pour certains c’est une formalité et pour d’autres un déchirement. Dans tous les cas, il faut être disponible, empathique. C’est un bout de la vie d’un parent, d’un frère, d’une sœur qu’on prend avec nous, c’est tout sauf anodin.»

Le long des quais de l’Allaine

Amoureux de son métier, Didier Oeuvray l’est tellement qu’il n’a qu’une envie désormais: le partager avec le plus grand nombre. Ainsi, dans cette idée mais également histoire de mettre un peu d’animation, de lumière et de chaleur dans cette morne période, il a convié une quinzaine de ses consœurs et confrères d’ici et d’ailleurs à disposer leurs stands sur les bords de l’Allaine le lundi 24 mai prochain. «L’idée est de créer un parcours qui va de ma brocante à celle de Monsieur Nicoulin à la rue Trouillat, en passant par le magasin d’antiquités de Madame Olivotti. Cela permettra aux gens de déambuler librement le long de l’allée des Soupirs, qui est pour moi l’un des plus beaux endroits de la ville, tout en chinant. En plus, ce sera le lundi de Pentecôte, donc on espère également attirer des visiteurs de passage, histoire de pouvoir créer une jolie rencontre avec les locaux.» Le rendez-vous est pris!

Sébastien Fasnacht

Article paru dans notre édition abonnés n° 593 du 12 mai 2021

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