PORTRAITS DE GALERIES (5/5) La Galerie du Sauvage, bien plus que de la photo

e comité de la Galerie du Sauvage: Benoît Monnin, Hugues Leuenberger, Romain Guélat, Géraud Siegenthaler, David Eschenlohr et Thibaut Gurba. © Galerie du Sauvage
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PORRENTRUY En plus d’une décennie  d’existence, la Galerie du Sauvage s’est imposée comme l’un des espaces culturels incontournables de la région. C’est ici que nous terminons notre série sur les lieux d’exposition du district.

On y a vu défiler des milliers de visiteurs pour les rétrospectives de Bernard Willemin et de René Lièvre. Mais en cet après-midi de février, c’est le calme plat à la Galerie du Sauvage: la saison des expositions n’a pas encore démarré et les murs sont vierges d’images. Faut-il en déduire qu’on hiberne au numéro 3 de la rue de la Chaumont? Ce serait mal connaître Géraud Siegenthaler, propriétaire des lieux, et le comité de l’association qui l’épaule dans l’animation du site. Car le Sauvage, ce n’est pas seulement une galerie dédiée à la photographie, au graphisme et à l’illustration. Ici, les expositions alternent, voire cohabitent avec d’autres événements. Mi-janvier, la galerie a par exemple abrité les préparatifs de la grève du climat; fin janvier, c’était un concert de musique actuelle. Bref, le Sauvage, c’est «une institution culturelle, un lieu vivant», résume Géraud Siegenthaler.

Dans un ancien dépôt

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Voilà plus d’une décennie que la Galerie du Sauvage a vu le jour. «J’ai toujours un peu pesté parce qu’il n’y avait pas d’endroit pour exposer de la photo dans le Jura», raconte Géraud Siegenthaler. Alors en 2006, le photographe bruntrutain finit par prendre les choses en main et acquérir cet ancien dépôt de la quincaillerie Blétry sur lequel il «lorgnait depuis un moment». Un an et des poussières plus tard, c’est-à-dire en novembre 2007, le Sauvage vernissait sa première exposition, une collective de photographes.

René Lièvre, un trésor exposé l’an dernier au Sauvage. © René Lièvre

Depuis lors, la galerie accueille trois expositions par année, rarement plus. «On met l’accent sur la qualité et cela suppose des investissements parfois importants. Et puis nous sommes tous bénévoles», insiste Géraud Siegenthaler. Guznag, Pitch Comment, Zacharie Gaudrillot-Roy et ses façades isolées, la naissance du canton vue par le photographe officiel du Bélier Bernard Willemin, les clichés ressuscités de René Lièvre ou, tout dernièrement, l’illustrateur delémontain Dexter Maurer qui collabore aujourd’hui avec Nike… Plusieurs des expositions du Sauvage ont fait date, et le lieu est aujourd’hui «une des plus grandes galeries photographiques à des kilomètres à la ronde», estime Géraud Siegenthaler. Une partie de ses visiteurs vient d’ailleurs d’au-delà des frontières cantonales.

Mais on vous le disait, le Sauvage, ce sont aussi des concerts (les fameuses «Sauvageries» de l’association Muzak) et des rencontres (par exemple l’an dernier une soirée entre jeunes Jurassiens et jeunes migrants). «Quand vous avez un concert avec 200 personnes en même temps qu’une exposition, cela fait un mélange intéressant. Et puis ça augmente la visibilité», conclut Géraud Siegenthaler.

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 484 du 14 février 2019

D’autres galeries dans le district de Porrentruy? Elles ne manquent pas. Le Journal L’Ajoie leur avait consacré une série en 2019. Retrouvez les autres articles ici:

La Galerie du Faubourg, à Porrentruy

La Galerie des Annonciades, à Saint-Ursanne

Le Château de Miécourt

La Galerie-Artothèque Le LAC, à Porrentruy

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