Pour la survie de la race

L’Ajoie est une grande région d’élevage de chevaux franches-montagnes. © Bernadette Odiet
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DISTRICT Elle est l’un des fleurons de notre région: la race franches-montagnes, la seule endémique de Suisse, a le vent en poupe. Mais au fil des ans, la demande a fortement évolué et les éleveurs ont dû s’adapter. Un travail soutenu par le Syndicat chevalin d’Ajoie.

Quand on les voit paître paisiblement dans les pâturages, on se dit qu’elle est quand même belle, la vie des chevaux. Pourtant, afin d’assurer un avenir à la race, ils doivent passer des tests, correspondre à des critères et prouver leur bon caractère. C’est à cela que sert un syndicat chevalin. Celui d’Ajoie – qui ne comprend pas le Clos du Doubs – est le deuxième plus grand de Suisse derrière celui des Franches-Montagnes. «Cette année, nous avons comptabilisé 105 juments et une cinquantaine de poulains, nos effectifs chevalins sont stables», se réjouit Chantal Pape Juillard, la gérante du syndicat ajoulot. Côté humains aussi, tout va bien: «Sur nos 135 membres, 65 sont actifs, et bon nombre d’entre eux sont des jeunes! On a vraiment tous les types d’élevages, des plus grands avec plusieurs dizaines de chevaux jusqu’à la personne qui n’a qu’une jument.»

Beau, sain et gentil

Concrètement, le rôle premier du syndicat est de permettre aux éleveurs d’estimer la qualité de leurs chevaux en organisant des concours. Prenons l’exemple d’un poulain qui vient de naître. «On va faire une première appréciation à 6 mois, explique la responsable. On va noter son apparence, l’analyser du bout du nez jusqu’au sabot postérieur. Il sera alors pointé et obtiendra un passeport. On va ensuite lui ficher la paix jusqu’à ses 2 ans et demi, puis on le préparera pour les tests en terrain. Il s’agit d’un examen que chaque cheval doit passer à 3 ans s’il veut être inscrit au studbook (registre national, ndlr). Maintenant, notre poulain est adulte et on va à nouveau noter son apparence ainsi que sa façon de se mouvoir. Et le même jour, on l’attelle et on le monte, ce qui permet de découvrir également son caractère.»

Lors du test en terrain, devant les juges. © Bernadette Odiet
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Des bons résultats

En plus de ces tests, le Syndicat chevalin d’Ajoie donne l’occasion à ses membres de se retrouver et de partager. «Nous les tenons informés par rapport à la race, nous participons à des manifestations à l’extérieur et organisons régulièrement des sorties, à Offenburg, Paris, Vérone… Par ailleurs, ça nous permet d’échanger nos expériences. Nous avons notamment la chance d’avoir un éleveur, Mario Gandolfo, qui fait de l’attelage à haut niveau et qui propose régulièrement des cours chez lui. C’est très dynamisant, se réjouit la responsable. Chaque année, des Ajoulots s’illustrent aux championnats suisses, en élevage mais aussi en attelage, en saut, en gymkhana et en dressage. Ce n’est pas un hasard! Mais surtout, conclut Chantal Pape Juillard, nous avons des éleveurs qui n’hésitent pas à faire naître parce que ça leur plaît, sans forcément se poser la question de savoir si c’est rentable. Nos membres sont des passionnés, c’est la meilleure garantie d’avenir!»

Élise Choulat

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REPÈRES

Date de création: 1906
Président: Pascal Chapuis, Grandfontaine
Comité: Raphaël Plomb, vice-président; Chantal Pape Juillard, gérante; Bernadette Odiet, Mario Gandolfo, David Protti, Andréas Bürki, membres
Effectif: 135 membres dont 65 actifs

Article publié dans notre édition abonnés n° 514 du 26 septembre 2019

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