Pour l’amour des livres

Géraldine Rérat-Oeuvray en télétravail, à son domicile. © Géraldine Rérat-Oeuvray
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CHEVENEZ / PORRENTRUY Son nom est quasiment indissociable de celui de la Bibliothèque cantonale jurassienne, et pour cause: elle y travaille depuis trente ans, dont douze à la tête de l’institution. Géraldine Rérat-Oeuvray nous parle de ce qui l’anime.

À l’heure où les écoles forment des agent(e)s ou des spécialistes en information documentaire, Géraldine Rérat-Oeuvray est bibliothécaire et elle y tient. «J’aime beaucoup ce mot, confirme-t-elle, parce que je suis très attachée au papier. Pas d’une manière rétrograde, mais j’ai fait ce métier parce que j’aime les livres.» De sa maison à Chevenez, où elle télé-travaille lors notre entretien, la bibliothécaire cantonale se souvient cependant avoir envisagé d’autres carrières avant qu’un stage dans une bibliothèque à Fribourg ne la mette sur sa voie. «Pourtant, on m’avait confié des tâches plutôt rébarbatives, sourit-elle. Mais l’environnement m’a plu, et je me suis dit que c’était peut-être bien pour moi.»

Une bonne trentaine d’années plus tard, force est de constater qu’elle ne s’était pas trompée. Formée à la Bibliothèque cantonale jurassienne, diplômée en 1988, Géraldine Rérat-Oeuvray a ensuite travaillé deux ans à Bâle avant d’être engagée à la même Bibliothèque cantonale. Trente ans de maison en 2020, dont douze à la tête de l’institution, «ça ne fait pas beaucoup de lignes sur le CV», s’amuse-t-elle. Mais pas une minute d’ennui non plus, tant le métier a évolué: «Quand j’ai commencé on tapait encore à la machine, on avait une petite fiche papier pour chaque ouvrage… Maintenant cela n’existe plus, tout est en ligne», illustre-t-elle.

Au service des lecteurs

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Et cette évolution, tout amoureuse du papier qu’elle soit, Géraldine Rérat-Oeuvray en apprécie les effets: «La Bibliothèque cantonale fait partie depuis 2000 du RERO, le réseau des bibliothèques de Suisse occidentale. Je trouve ça génial. Ça donne une plus grande visibilité à nos collections et, pour nos lecteurs, un accès à un choix d’un million et demi d’ouvrages!» Dix fois plus que le contenu de l’institution qu’elle dirige, cela ouvre en effet le champ des possibles. «La Bibliothèque cantonale jurassienne a deux missions, rappelle Géraldine Rérat-Oeuvray, l’une patrimoniale, autrement dit tout ce qui a trait au Jura et aux Jurassiens, et l’autre de culture générale: nous possédons des documents dans tous les domaines du savoir, principalement les sciences humaines.»  Une «belle équipe pleine de compétences» la fait vivre, composée de six personnes pour 3,4 équivalents plein temps. L’institution compte environ 600 lecteurs actifs et elle a procédé à 12’700 prêts en 2019. «Ce n’est pas énorme, mais nous ne sommes pas une bibliothèque de lecture publique», souligne la responsable. Les lecteurs n’en sont pas moins chouchoutés, peut-être même le sont-ils davantage: «Rien ne me fait plus plaisir que de pouvoir répondre à une demande particulière, surtout si elle demande quelques recherches.»

S’ouvrir sur l’extérieur

Depuis quelques années, la Bibliothèque cantonale a pris encore un autre virage en proposant régulièrement des animations telles que lectures publiques, conférences, etc. «Le livre reste la base, observe Géraldine Rérat-Oeuvray, mais la manière d’en parler a beaucoup changé. On est très chanceux dans ce cadre d’avoir l’Espace Renfer qui nous ouvre sur l’extérieur.» Tout récemment, un certain virus a contraint l’institution à se réinventer encore: les abonnés de la Bibliothèque cantonale ont reçu un courrier électronique leur proposant une offre de lecture numérique. Géraldine Rérat-Oeuvray le concède volontiers, ce n’est pas son outil de prédilection. Mais qu’importe si les moyens changent, pourvu que demeure l’amour des livres.

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 542 du 23 avril 2020

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