Pour un Carnaval cousu main, venez en Ajoie!

Marie-Laurence Morosoli dans son royaume: elle affectionne tout particulièrement les costumes pour enfants. Claire Jeannerat © Editions L'Ajoie

COURTEMAÎCHE / PORRENTRUY Les plus grands Carnavals du Jura sont dans la vallée de Delémont et aux Franches-Montagnes, on le sait. Mais l’Ajoie tire aussi son épingle du jeu dans ces festivités. Car c’est ici que l’on trouve la plus grande concentration de costumes de location du canton, et même de bien plus loin. Marie-Laurence Morosoli, à Courtemaîche, et Mireille Monnerat, installée depuis peu à Porrentruy, en possèdent plus de 6000 à elles deux.

Samedi après-midi, Wonder Woman, la princesse Aurore et Cendrillon avaient rendez-vous au numéro 29 de la Grand-Rue, à Porrentruy. Improbable? Guère plus que ce dialogue: «Et vous avez réservé quoi?» «Deux poules.» Nous sommes chez Festi’Look, le magasin de location de costumes de Mireille Monnerat. Auparavant installée à Bassecourt, elle a déménagé dans la cité des Princes-Evêques le 1er décembre, avec dans ses valises ses 4000 costumes – le stock le plus important de Suisse romande, si l’on en croit ce qu’une représentante lui a un jour déclaré.

220 tournées de lave-linge

Mireille Monnerat exploite Festi’Look depuis sept ans et demi. L’histoire a commencé «en 2009, quand je suis allée louer un costume de Carnaval pour moi chez Mme Bibler, à Soulce (anciennement chez Mary-Jo, à Bassecourt, ndlr)». Entendant que la dame envisage de remettre son affaire, elle signale son intérêt. En septembre de la même année, le téléphone sonne, et Mireille dit oui. «J’étais loin d’imaginer le boulot que ça représente», glisse-t-elle. Imaginez seulement qu’après Carnaval, elle fait tourner son lave-linge environ 220 fois!

Ce sont les circonstances de la vie qui l’ont amenée à Porrentruy, et le hasard qui lui a fait louer l’appartement situé juste au-dessus de l’ancien magasin Bacon, alors vide. «Géographiquement, j’étais mieux située à Bassecourt, note-t-elle. En revanche ici j’ai une vitrine.» Et la clientèle semble l’avoir remarquée, si l’on en juge à l’affluence de samedi dernier.

Quatre jeunes filles surprises en pleine séance d’essayage chez Festi’Look, samedi après-midi à Porrentruy. Claire Jeannerat © Editions L’Ajoie

La piètre qualité d’Internet

Quelques jours plus tôt, au milieu du Village 6 à Courtemaîche, l’ambiance était plus calme. Normal: Marie-Laurence Morosoli ne reçoit les clients que sur rendez-vous. Plus de trente ans que cette «enragée de Carnaval», selon ses propres termes, stocke des costumes chez elle. «On était une dizaine de mamans qui faisions des costumes de Carnaval pour nous et nos enfants», raconte-t-elle. Dix mamans, au moins deux fois plus d’enfants, faites le calcul: «Ça s’est rapidement entassé, surtout qu’il n’était pas question de porter deux fois le même costume», souligne Marie-Laurence Morosoli.

Ce sont aujourd’hui plus de 2000 costumes qui sont en sa possession. Les créations des débuts ne sont évidemment plus là; la plupart des articles ont été achetés, mais pas n’importe où: «Il y a une exposition annuelle pour les professionnels à Saint-Gall. Là, les matières sont sensationnelles. Ce qu’on achète sur les sites, c’est pour mettre une fois, pas plus. A moins qu’on dépasse les 40 euros.» Nous voilà avertis.

Des débuts plutôt calmes

Depuis le temps, la famille Morosoli – car les enfants secondent désormais leur maman – peut compter sur une clientèle fidèle. «On habille des groupes de Bassecourt chaque année», annonce Marie-Laurence, exhibant les vestes qu’elle a elle-même confectionnées l’an dernier pour l’un d’eux. Mais la rentabilité n’est pas sa priorité. «Mes costumes, c’est mon anti-dépresseur!», s’exclame-t-elle. Atteinte dans sa santé, elle a dû renoncer à faire Carnaval ces dernières années, un crève-cœur pour cette passionnée.

Mireille Monnerat soigne le détail: «Je ne laisse jamais partir un client qui ne me plaît pas», dit-elle. Claire Jeannerat © Editions L’Ajoie

A Courtemaîche comme à Porrentruy, cette saison carnavalesque a démarré plutôt calmement, la faute à la coïncidence de dates entre Mardi-Gras et la semaine blanche. Mais ni Marie-Laurence ni Mireille ne cèdent au pessimisme. Elles ne louent d’ailleurs pas qu’à Carnaval: des anniversaires, des soupers d’entreprises, des spectacles, les occasions ne sont pas rares. Mais surtout, Carnaval 2018 est à peine commencé! Toutes les deux seront assurément bien occupées ces prochaines semaines.

Contacts: www.festilook.ch ou 032 466 11 58 (Marie-Laurence Morosoli)

Un reportage de Claire Jeannerat, publié le 8 février 2018, N°435

LE «TO PORREN» SORT DE PRESSE DEMAIN

Devinette: qu’est-ce qui fait 52 pages, affiche en couverture le maire de Porrentruy et sera en vente dès demain? Ceux qui ont répondu L’Ajoie sont priés de relire la question, ceux qui ont répondu le To Porren n’ont rien gagné, sinon la satisfaction d’avoir raison.

Le maire de Porrentruy Gabriel Voirol, rebaptisé ici «Gaby-Cœur-de-Ville, le Roi du suppositoire», ne fait pas que la une du journal de Carnaval du chef-lieu. Les rédacteurs et le dessinateur du To Porren, Pitch Comment, lui ont réservé le traitement qui revient au premier élu de la cité: il est partout, toujours affublé d’un béret rose et d’un air, euh comment dire, innocent.

Les élections communales de l’automne dernier ont bien entendu donné pas mal de grain à moudre à l’équipe du To Porren. Pascal Bedin n’est d’ailleurs pas loin de ravir la vedette à Gabriel Voirol, cette fois-ci! Mais il y a aussi dans le To Porren 2018: de la politique locale, un dessin de Chappatte, beaucoup (mais vraiment beaucoup) de dessins du Pitch, le récit des frasques de citoyens ordinaires, un hommage à Serge Bouille, ancien rédacteur du Poue-Seiyaî (l’ancêtre du To Porren), le palmarès des Prout d’or, d’argent et de bronze… enfin bref: «Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Porrentruy sans jamais oser le demander», comme le promet le sous-titre du journal. CLJ