Prendre conscience de son corps et de ses émotions

Les huiles essentielles, un concentré de bien-être pour qui sait les apprivoiser. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

PORRENTRUY Le Souffle de vie. C’est le nom que Marie-Claude Thiévent a donné à sa vision du bien-être. Un concept qui marie yoga et naturopathie, deux approches qu’elle propose aux personnes qui souhaitent aller mieux, se faire du bien ou retrouver un équilibre.

Un léger parfum d’automne flotte autour de la maison de maître. Dans les arbres alentour, taquinées par une léger vent, quelques feuilles jaunes et oranges s’accrochent tant qu’elles peuvent à leurs branches. Entrouverte, la porte du hall principal invite à faire le premier pas. Marie-Claude Thiévent occupe le 2e étage de la bâtisse. Un appartement tout en hauteur, en chaleur et en lumière, comme savaient les construire les anciens. Un lieu qui respire la sérénité, où la Bruntrutaine marie vie et travail. Ici, les gens qui viennent la voir sont à la recherche du petit quelque chose qui leur manque pour se sentir mieux, pour vivre plus léger, pour retrouver un équilibre. «La naturopathie est une approche de la santé particulière où l’on essaie de pousser l’individu à se prendre en charge, à se rendre compte qu’il peut gérer lui même son bien-être.»

Des outils pour aller mieux

Que les choses soient claires, on ne parle pas ici de guérir d’un cancer ou de remplacer la médecine traditionnelle. «En fait, c’est plus fin que cela. La naturopathie propose des outils pour aller mieux. En premier lieu, cela passe souvent par la prise de conscience qu’on a un corps, que ce corps réagit et fonctionne aux émotions et que ce n’est qu’en le comprenant et en l’acceptant qu’on peut agir.» D’accord. Mais agir sur quoi? «C’est très vaste. Certaines personnes viennent pour soulager une maladie chronique, d’autres parce qu’elles traversent une période difficile sur le plan personnel ou professionnel. Je reçois aussi des parents avec leurs enfants qui ont des difficultés à se concentrer ou à obéir.»

La naturopathie soigne donc plusieurs maux avec des techniques variées. «En discutant avec les gens, on cerne rapidement les problèmes. En complément, grâce à la bioénergie, j’arrive à savoir assez précisément où se situent les déséquilibres. Ensuite, on va travailler dessus grâce à l’homéopathie, aux huiles essentielles, à la phytothérapie. Dans certains cas, quand cela dépasse mes compétences, je redirige les gens vers d’autres spécialistes.»

Marie-Claude Thiévent, yogi et naturopathe. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

Naturopathie et yoga

En plus d’être naturopathe, Marie-Claude Thiévent est également prof de yoga depuis plus de 15 ans maintenant. Une approche plus «physique» dans la recherche du bien-être mais qui, selon l’Ajoulote, prend tout son sens quand on la lie avec la naturopathie. «C’est un autre moyen de libérer ou de canaliser l’énergie et, encore une fois, de prendre conscience de son corps. Après, à l’heure actuelle, le yoga est un peu plus entré dans les mœurs que la naturopathie, le public est donc peut-être un peu différent. Mais c’est en train de changer.»

Une prise de conscience générale, presque sociétale, que Marie-Claude Thiévent a elle-même expérimentée. «Je me suis lancée dans la naturopathie en 2006. Avant, j’étais prof d’italien et j’ai traversé une période difficile sur le plan personnel. Je crois qu’à cette époque je cherchais des réponses, un équilibre. Pour moi, le yoga et cette nouvelle approche, qui est devenue mon métier, ont fonctionné.»

La discussion s’achève, il est temps de quitter l’appartement et la maison de maître. De laisser derrière les odeurs d’huiles essentielles et de retrouver le bouillonnement du quotidien. Sur les arbres, dans le jardin, les feuilles dansent toujours sur leurs branches, très peu concernées par l’agitation qui règne de l’autre côté de la barrière.

Un reportage de Sébastien Fasnacht, publié le 18 octobre 2018, N°469