Rapprocher l’Ajoie de la Mongolie

La table officielle. © Dominique Bonnemain

ALLE Pendant que certains profitent de la belle saison à la mer ou à la montagne, d’autres mettent leurs vacances à profit pour vivre des aventures hors du commun. Cet été, Dominique Bonnemain s’est envolé pour la Mongolie… avec un objectif bien précis: marier son fils !

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse. Même s’il n’entre plus forcément dans cette catégorie de personnes, le Crâs Dominique Bonnemain a vécu cet été une aventure que jamais il n’aurait imaginé vivre. Assis à la table d’une terrasse bruntrutaine, accompagné de la douceur des prolongations jouées par la belle saison, il a encore le regard fixé au loin, là-bas, sur les dunes des déserts de Mongolie et sur les gratte-ciels modernes de la capitale Oulan-Bator. «Quand tu reviens d’une telle aventure, tu vois les choses différemment, c’est presque une évidence», note l’Ajoulot.

Mais précisons d’entrée qu’au-delà du voyage et du dépaysement, l’aventure mongole de Dominique Bonnemain a été entreprise pour une raison bien plus intime qu’un périple traditionnel. «Nous y sommes allés pour marier mon fils Stève!» Nous, c’est une grande partie de la tribu du patriarche ajoulot. «Nous étions dix-neuf à faire le voyage. Une sacrée délégation

L’aventure, au-delà des dunes. © Dominique Bonnemain

Lait de jument et damassine

Première étape du périple, la capitale Oulan-Bator et son million et demi d’habitants. «Avant toute chose, j’ai dû aller demander la main de la future femme de mon fils à son futur beau-père. En habits traditionnels mongols, s’il vous plaît! Et, évidemment, il a refusé.» Mais Dominique Bonnemain ne se décourage pas. «En fait, c’est toujours comme ça. C’est une tradition. La demande en mariage se déroule un peu comme une négociation. Nous avons donc poursuivi les discussions et au final, il a accepté!» Un pacte scellé entre deux rasades de lait de jument fermenté et de damassine, comme le veut la coutume locale quelque peu adaptée pour l’occasion aux hôtes du jour. «Heureusement d’ailleurs car tout le reste du mariage était déjà organisé», rigole Dominique Bonnemain.

Une yourte traditionnelle

Validée par les hautes instances familiales, l’idylle entre son fils Stève et sa future épouse Zula est ensuite officialisée en plein cœur de la capitale mongole avant de se déplacer à quelques kilomètres en périphérie: «Cela s’est passée dans une ger, une yourte mongole traditionnelle, magnifiquement décorée pour l’occasion. Mon fils et son épouse sont arrivés à cheval, accompagnés par des guerriers mongols, c’était absolument bouleversant!» Contorsionnistes, orchestre local, danseurs et danseuses viennent compléter le tableau. «Je n’avais jamais vu un truc pareil, on se serait crus dans un film. C’était incroyable!», raconte Dominique Bonnemain.

La solennelle demande en mariage. © Dominique Bonnemain

Comme des rois

Après la noce vient le temps du voyage. Trois semaines et 3500 kilomètres de véhicule tout-terrain plus tard, Dominique Bonnemain rentre en Ajoie avec des étoiles dans les yeux. «C’est presque difficile à raconter tellement les paysages sont beaux et tellement les gens sont accueillants. Que ce soit chez notre nouvelle belle-famille ou lors du voyage, on a systématiquement été accueillis et traités comme des rois.»

Une aventure culturelle et humaine hors du commun, quelque peu assombrie par le décès du père du Zula, une poignée de semaines après le retour en Suisse de la délégation ajoulote.

Un article de Sébastien Fasnacht, publié le 25 octobre 2018, N°470