Relancer l’accordéon en Ajoie

Jérôme Courbat avec son grand-papa… © Jérôme Courbat

BUIX Il fait partie de la crème de la crème des accordéonistes mondiaux. Rien que cela. Mais pour Jérôme Courbat, accordéoniste virtuose, et donc champion du monde l’an dernier, pas question de se prendre la tête ou de s’encoubler dans ses racines. Son pays c’est l’Ajoie, son monde la musique et il le dit haut et fort. Entretien!

Journal L’Ajoie: Vous êtes un enfant de Buix, né à Porrentruy. Un Ajoulot pur souche. Que représente l’Ajoie pour vous?

Jérôme Courbat: C’est la région de mon cœur, le coin de pays que j’aime par-dessus tout. La preuve, dans le cadre de mon apprentissage de cuisinier, j’ai passé une année à Neuchâtel et, franchement, l’Ajoie me manquait trop. Je n’avais qu’une envie, c’était d’y revenir.

Comment expliquez-vous cet attachement aussi fort?

C’est difficile à expliquer. C’est comme ça. Ma famille vit ici, mes amis aussi. J’aime la nature ajoulote, les gens mais également les traditions. C’est un tout!

Quels sont les endroits qui vous sont chers dans le district?

Les fêtes de village! Pendant la belle saison, c’est là que j’aime être. Il y fait bon, je retrouve mes copains, on passe du bon temps dans une bonne ambiance. Il ne m’en faut pas plus. D’un point de vue plus personnel, il y a un autre endroit qui m’est cher, c’est à Bure, chez ma prof d’accordéon Nelly Chapuis. J’y ai passé des heures et des heures. C’est un peu ma deuxième maison.

… et avec sa professeur d’accordéon Nelly Chapuis. © Jérôme Courbat

Nelly Chapuis est décédée il y a deux ans maintenant, vous étiez très liés…

Oui, vraiment très liés. C’est une personne qui est dans mon cœur pour toujours. Elle a tellement fait pour moi. Je peux dire que c’est vraiment grâce à elle si je suis là où j’en suis aujourd’hui. Et c’est une grande dame de la musique régionale! Elle a été la première femme a intégrer une fanfare puis elle a créé le groupe d’accordéonistes les Reflets d’Ajoie. Elle était incroyable. Je continue d’ailleurs d’aller voir régulièrement son mari, c’est très important pour moi.

Nelly Chapuis, l’Ajoie, la musique. C’est votre petit monde à vous?

Absolument! Je suis né dans une famille de musiciens. J’ai commencé l’accordéon avec mon grand-papa. C’est lui qui m’a donné le goût de la musique. Ensuite mes parents m’ont toujours soutenu et Nelly Chapuis m’a permis de progresser. Je leur dois énormément. Pour moi, la musique, c’est ce que j’aime! Avec l’Ajoie ! (rires)

Au point où vous voulez en faire votre métier!

J’ai envie de relancer l’accordéon dans la région. De faire en sorte que l’héritage de toutes celles et ceux qui se sont investis pour cet instrument puisse continuer! Je suis actuellement en transition entre mon métier de cuisinier et mon avenir en tant que prof d’accordéon. Aujourd’hui, je suis à la recherche de mes premiers élèves car c’est la voie que j’ai décidé de suivre!

En Ajoie, cela va sans dire!

(rires) Oh oui! Où d’autre?

Propos recueillis par Sébastien Fasnacht, publiés le 25 octobre 2018, N°470

Carte d’identité :
Âge: 21 ans
État-civil: célibataire
Domicile: Buix
Formation: CFC de cuisinier, champion du monde d’accordéon
Emploi actuel: professeur d’accordéon en devenir
Hobbies: la cuisine, la musique, les amis

 

UNE RUE QUI A DU SENS

Ce croisement, entre la rue Pierre Péquignat, la Grand-rue et la rue du 23 Juin est un endroit où j’ai passé énormément de temps. Mon papa fabriquait des fontaines en pierre et il lui est arrivé de tenir un stand à cet endroit pour les vendre, notamment au Marché de Saint-Martin. Il m’arrivait de l’accompagner régulièrement et ce sont de très bons souvenirs pour moi. Ces rues, je les ai fréquentées également lors des Braderies et, encore une fois, lors des Marchés de Saint-Martin, mais avec mes amis cette fois-ci. Là aussi, ce sont de bons souvenirs auxquels je pense chaque fois que je suis dans le secteur.

Justice batracienne © Guznag, 2012