Rhume ou grippe: et si on évitait les refroidissements?

DISTRICT «Aaaaaaa….. tchi!» «À vos souhaits!» Ça y est, cette fois on y est: la douceur de l’automne nous l’avait presque fait oublier, mais décembre est là! Et avec la fin de l’année arrive les petits désagréments de saison que sont le rhume ou la grippe. Mais tomber malade n’est pas forcément une fatalité, même si le risque zéro n’existe pas.

Nez qui coule, toux, grosse fatigue… On a souvent tendance à les confondre; et pourtant, le rhume et la grippe sont deux infections des voies respiratoires bien distinctes: «Leur point commun, c’est l’atteinte ORL supérieure, explique Olivier Gérin, médecin généraliste à Bonfol. On a mal à la gorge, des courbatures… La grande différence, c’est la température: on peut faire un rhume sans fièvre, mais jamais de grippe sans fièvre. Et fondamentalement, il ne s’agit pas du même virus.» Autre différence de poids entre ces deux infections: leur traitement. Si, pour la grippe, le repos semble être le meilleur moyen de s’en remettre – sauf complications, évidemment! -, il existe en pharmacie pléthore de médicaments pour venir à bout d’une rhinite.

Mais le mieux est encore de ne pas tomber malade, et pour cela, les moyens d’agir sont souvent simples et multiples. Certes, contre la grippe, il existe un vaccin. Très controversé puisque basé sur les souches de l’année précédente, il ne fait pas l’unanimité. Toutefois, tant au niveau fédéral que cantonal, les autorités en charge de la santé publique le conseillent notamment aux personnes à risques que sont les plus de 65 ans, les nourrissons, les femmes enceintes et les malades chroniques ou en déficience immunitaire. Mais pour tout le monde, il existe des moyens bien plus simples de se préparer à l’arrivée des virus, même si «c’est impossible de garantir qu’on va passer entre les gouttes», avertit Gérard Mure, droguiste à Courgenay.

Qui dit hiver, dit retour d’une ribambelle de petites maladies! Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

Équilibre psychique et alimentaire

Pour notre médecin de Bonfol Olivier Guérin, tout commence dans la tête. «Il faut prendre en compte un élément fondamental: l’équilibre psycho-émotionnel. Si émotionnellement on est bien, qu’on n’est pas en surmenage, qu’on se tient bien droit dans ses bottes, l’immunité est stimulée. C’est récurrent à cette saison, avec la décroissance solaire, les gens ont tendance à être d’humeur dépressive, donc plus enclins à une infection ORL.» D’accord, mais avec notre mode de vie actuel, pas toujours facile de garder la tête froide… «Il faut prendre le temps de s’écouter, d’analyser comment on vit les choses intérieurement. Il est important déjà d’accepter de se sentir en difficulté et de ne pas faire semblant que tout va bien. Ensuite, il faut se garder des petits moments pour revenir sur soi, que ce soit un temps de promenade, de la méditation…»

Bien dans sa tête, donc. Mais dans son corps aussi! Selon le droguiste de Courgenay, Gérard Mure, «le top, c’est de faire d’abord à l’automne une cure dépurative pour éliminer les toxines, décharger le foie, l’intestin, les reins. L’organisme retrouve alors plus de vitalité. Ensuite, on peut travailler avec des substances, comme l’échinacée (une fleur à prendre en comprimés ou en tisane par exemple, ndlr) ou des oligoéléments tels que le cuivre, l’or ou l’argent. Concernant le pamplemousse, il faut être prudent si on prend des médicaments, il peut y avoir des interactions.» Autre chose essentielle pour le spécialiste: l’acidité du corps. «Beaucoup de gens ont un pH acide, à cause de l’alimentation, de notre mode de vie, du stress… Boire un citron frais et bio (eh oui, malgré son goût, cet agrume aurait des vertus alcalinisantes, ndlr) à jeun chaque matin dans de l’eau chaude durant 21 jours est idéal

Prêts pour les fêtes?

Vous l’aurez compris, la nourriture est également l’un des piliers de la santé. «Quand, globalement, on a une bonne alimentation et qu’on fait de l’activité physique, on a un système immunitaire résistant, confirme Elisabeth Schaffner Hennet, diététicienne à Porrentruy. On peut rappeler les conseils de base: bien s’hydrater – on a tendance à l’oublier, mais en hiver nos besoins sont au moins aussi importants qu’en été! Manger des aliments riches en fibres pour renforcer les bactéries intestinales, ainsi que des fruits et des légumes de saison. Tous ont une particularité, la doucette par exemple contient de l’acide folique, la choucroute de la vitamine C… L’intérêt est vraiment de varier.» Et les cacahuètes accompagnant les mandarines, c’est bien? «Les mandarines sont des agrumes, elles contiennent des fibres, de l’eau, de la vitamine C, du bêta-carotène, c’est parfait. Par contre, aux cacahuètes, on préférera les noix, de chez nous et très riches en omégas 3», sourit la nutritionniste avant de rassurer: «Ce qui est important, c’est d’éviter les produits transformés par l’industrie agro-alimentaire. La fondue ou la raclette, par exemple, sont des aliments simples qui font partie de notre tradition alimentaire. Ça ne pose pas de problème, à condition de ne pas y ajouter encore du lard ou de la viande…» Et pendant les fêtes, on fait comment? «On s’amuse et on profite de ces beaux moments, rigole-t-elle. C’est sûr que durant cette période, on surcharge en général un peu le bateau… Si on mange un repas copieux le soir, à midi on va plutôt prévoir quelque chose de plus léger comme une soupe. Mais je trouve que globalement, les gens arrivent bien à gérer. Surtout, il ne faut pas culpabiliser! Une fois les fêtes passées, on peut reprendre une alimentation moins carnée, plus végétale et on supprime un temps tout ce qui est sucré comme les boissons, les desserts. Avec ça, vous avez déjà fait la moitié du travail.»

Un reportage d’Élise Choulat, publié dans notre numéro spécial trimestriel N°476 du 6 décembre 2018

Médicaments ou traitement naturels peuvent aider à lutter. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

L’oignon, pas «glamour» mais tellement efficace!

De tout temps, les humains ont eu des trucs pour lutter contre les refroidissements. Dans son institut à Courtedoux, Laurence Blum propose divers soins tels que de l’aromathérapie, du reiki ou des massages. Et des trucs de grand-mère, elle en connaît un rayon! «Le rhume ou la grippe arrivent toujours soit par les pieds, soit par la tête!», assène-t-elle d’entrée. Ne pas négliger donc les bonnes chaussettes et le bonnet. Pour se prémunir, elle propose diverses cures: baies de canneberge, «blindées de vitamine C et bien moins chères que les baies de Goji!», Elixir du Suédois «pour renforcer le système immunitaire et drainer le métabolisme», ou du magnésium. Mais une fois le virus installé, pour Laurence Blum, la lutte contre les refroidissements passe par… l’oignon! «Coupez un oignon en tranches le soir avant d’aller au lit et mettez-le sous les pieds, dans vos chaussettes. Ça tire la fièvre, comme on dit. En cas de toux, sans le peler, couper un oignon en deux dans le sens de la longueur et le déposer près de la tête du lit – pas trop près, il ne faut pas que ça pique les yeux quand même… Ses sucs vont calmer les quintes. Ce n’est pas très glamour, admet-elle, ça sent un peu, mais ça marche!» ECH