«Si c’était à refaire, je referais tout pareil!»

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COEUVE/FONTENAIS Anouck Racordon est, sportivement parlant, déjà retraité. Ce qui ne l’empêche pas de continuer d’aligner les bonnes performances un poids à la main mais aussi, et surtout, de vibrer pour son sport comme au premier jour.

La discussion vient à peine de commencer que, déjà, la voix à l’autre bout du fil s’enflamme. Malgré les 5,9 kilomètres qui séparent la rédaction du domicile de notre interviewé, on sent aisément, au gré des intonations et grâce aux mots choisis, que le sujet du jour lui parle. Et pas qu’un peu. «Vous savez, l’athlétisme c’est mon truc. Je ne me verrais pas faire un autre sport. J’y ai pensé lorsque j’ai arrêté ma carrière chez les élites. Mais je peux rien y faire, j’ai toujours envie d’aller lancer.»

À quarante ans et des poussières, Anouck Racordon brûle toujours de la même passion pour son sport. «Avant de défendre les couleurs du CA Fontenais, j’ai commencé à Alle quand j’avais 10-12 ans. Avec Jean Cattin (l’un des grands noms de l’athlétisme régional, ndlr), on était à l’école ensemble. On était super potes et à un moment donné, j’en ai eu marre de le voir sans arrêt partir à l’entraînement. Alors je l’ai accompagné.» C’est ainsi qu’à commencé l’histoire d’amour entre l’athlétisme et le colosse ajoulot, aujourd’hui établi à Coeuve avec sa petite famille. «Au début, je faisais de tout et puis les lancers, principalement le lancer du poids, se sont imposés à moi naturellement.»

La fabuleuse année 2005
Alors adolescent, Anouck Racordon pratique sans trop se poser de question, avec les copains. Jusquà d sent aisément que le sujet eon pratique sans trop se poser de question, avec les copains. Jusqu sent aisément que le sujet e’à ce qu’il goûte concrètement à la compétition lors de ses premiers championnats de Suisse juniors et qu’il rencontre un certain Pascal Bélet. «Il a apporté certaines révolutions dans nos entraînements à l’époque. Il a notamment intégré la musculation, ce qui m’a tout de suite plu. Mais plus important encore, il m’a fait découvrir et aimer la compétition.» Les résultats vont alors s’enchaîner et se multiplier pour l’athlète ajoulot. «L’année 2005 est certainement la meilleure de ma carrière. C’est cette année-là que j’ai le mieux lancé, avec des podiums lors des championnats suisses en salle et en extérieur ainsi que des records personnels», se remémore Anouck Racordon.

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Pour arriver à maintenir un certain niveau, voire un niveau certain, l’athlète enchaîne les entraînements… et les sacrifices. «Quand on est sportif et qu’on vise la performance, il faut passer par là. Ce n’est d’ailleurs pas propre à l’athlétisme, c’est comme ça dans tous les sports. Mais il faut reconnaître que la vie sociale en prend un coup et que ce n’est pas toujours évident de concilier sport et vie professionnelle.» Anouck Racordon ne regrette rien pour autant. «Au contraire, j’ai fait ce que j’avais envie, j’ai vécu des choses incroyables. Si c’était à refaire, je referais tout pareil.»

Place à la relève
Le pensionnaire du CA Fontenais a quitté le «sport-compétition», comme il l’appelle, pour le «sport-plaisir». Une passion qu’il partage depuis peu avec ses enfants. «J’ai une fille de 6 ans et un garçon de 3 ans. Régulièrement, quand je vais lancer, ils viennent avec. Et vous savez ce que c’est, ils ne peuvent s’empêcher d’imiter (rires).» Si l’héritage sportif semble entre de bonnes mains chez les Racordon, l’athlète ajoulot n’a malgré tout pas encore dit son dernier mot: en témoigne ce nouveau titre de champion de Suisse master (l’équivalent des vétérans), au début du mois. Une affaire de passion, vous disait-on.

Sébastien Fasnacht

Un article publié dans notre édition abonnés du 21 mars 2019.

 

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