Solaire, mobile et bio: voici le poulailler du futur!

Chaque poule bénéficie d’un espace de 5 mètres carrés autour du poulailler pour s’ébattre librement. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

PORRENTRUY Plus de 200 poules y caquettent et y pondent quotidiennement en parfaite harmonie. Totalement autonome énergétiquement, le poulailler 2.0 de la ferme Roy est cohérent avec une nouvelle manière d’appréhender l’agriculture. Pour ses nouveaux propriétaires, il sera également utilisé pour faire revenir le consommateur sur l’exploitation.

De loin, on dirait une sorte de grande tente, posée dans un verger. En s’approchant, le caquètement des poules dissipe rapidement la première impression. Il s’agit bel et bien d’un poulailler. Mais pas de n’importe quel poulailler. Installé depuis un mois sur le terrain de la ferme Roy à Porrentruy, il est d’un genre nouveau. «Sur le toit, vous avez deux panneaux solaires. Ils permettent de produire la lumière du poulailler et de gérer l’ouverture et la fermeture des portes pour les poules le matin et une fois que le soleil est couché.» Benjamin Roy poursuit la visite: «Là, vous avez un crochet qui, avec un simple tracteur, permet de déplacer le poulailler.» De déplacer le poulailler? «Oui, ça paraît dingue mais il faut savoir que les poules ont tendance à saccager le terrain où elles se trouvent en grattant la terre. En changeant le poulailler de place régulièrement, on arrive à garder notre verger en bon état.» D’accord. Quoi d’autre? «Le poulailler ne demande pratiquement aucun entretien. C’est trente minutes de travail par jour pour ramasser les œufs. Et un peu plus une fois par semaine pour leur remettre de l’aliment et de l’eau, puis pour le déplacer.»

Benjamin Roy et l’une des 225 pensionnaires du poulailler mobile. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

Des bains de poussière!

Dans ce poulailler du futur, 219 poules (et 6 coqs) vivent en bonne harmonie. En pleine période de ponte, elles sont capable de fournir entre 180 et 200 œufs par jour. «Cette production est destinée à la vente directe. C’était notre but dès le départ avec ce poulailler», explique Laure, l’épouse de Benjamin qui a imaginé le projet dans le cadre de son brevet de paysanne. Vendus juste en face du poulailler, les œufs des Roy sont bio, comme le reste de l’exploitation. Ce qui implique, entre autres, que chaque poule peut bénéficier d’un espace de 5 mètres carrés autour du poulailler. Les gallinacées de chez Roy profitent aussi de petits carrés de sable où elles peuvent prendre librement des bains de poussière. «Elles adorent ça! Et cela leur permet de combattre les parasites!» explique Benjamin Roy dans un sourire.

Des standards de production qui ont pour conséquence un prix un peu plus élevé que des œufs normaux, soit 70 centimes pièce. «Avec la vente directe, on espère promouvoir une autre manière de consommer et, surtout, faire revenir les gens sur l’exploitation. Dans cette logique, on aimerait, à moyen terme et en plus des œufs, proposer d’autres produits issus de notre ferme. C’est en projet!»

Entre 180 et 220 œufs sont pondus quotidiennement. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie)

Explorer de nouveaux horizons

De fabrication allemande, le poulailler 2.0 de la ferme Roy est, pour l’heure, unique en Ajoie. «Il en existe six ou sept autres en Suisse romande, mais plutôt dans l’Arc lémanique. C’est suite à la visite de l’un d’entre eux dans le canton de Vaud qu’on a décidé de se lancer!» notent Laure et Benjamin, pour qui les poules sont quelque chose de tout à fait nouveau. «Nous vendions des œufs de deuxième choix en vente directe sur l’exploitation mais nous n’avons jamais eu de poules. En plus de diversifier un peu plus encore l’exploitation, c’est un nouvel horizon agricole à explorer, un nouveau challenge!» Les poules actuelles de la ferme Roy profiteront pendant une quinzaine de mois de leur petit palais mobile avant d’être remplacées par de nouvelles pondeuses… plutôt chanceuses!

Un reportage de Sébastien Fasnacht, paru le 24 mai 2018, N° 450