Stemys, au cœur des objets connectés

Stemys emploie onze collaborateurs à la Cité des Microtechniques, à Porrentruy. © Stemys

PORRENTRUY Une plateforme informatique qui permet de suivre et de gérer en temps réel l’intégralité de la production d’une entreprise: c’est le produit phare développé par Stemys, une start-up ajoulote qui a vu le jour à la Cité des Microtechniques en 2013. Focus sur une société à la pointe dans le domaine des objets connectés.

Prenez une usine d’horlogerie comme on en connaît par dizaines dans notre région. Une usine avec des stocks, des machines pour produire des pièces, en vérifier la qualité, etc. Comment savoir en temps réel combien d’unités sont fabriquées à l’heure, si le lot sera de bonne facture ou s’il y a des réglages à effectuer, s’il reste suffisamment de matière pour continuer et ainsi éviter une rupture de la chaîne? Grâce à Stemys, vous aurez accès à toutes ces informations de manière immédiate.

Une envie d’indépendance

Stemys a vu le jour il y a cinq ans à Porrentruy sous l’impulsion de Frédéric Baetscher, un Delémontain au bénéfice d’une formation dans le génie électrique. «L’informatique n’est pas mon métier de base, sourit-il. Dès 2010, j’ai eu la chance de rejoindre Créapole en qualité de coach en innovation et en création d’entreprises. Ça m’a donné envie de mettre sur pied ma propre activité.» Restait à savoir dans quel domaine. «Comme j’aime bien le milieu industriel, j’ai réalisé des systèmes optiques pour le contrôle de pièces. C’était une très bonne idée, sauf que quand je suis allé présenter mon concept aux entreprises, mes interlocuteurs ont mis le doigt sur un autre problème…» Nous sommes en 2012-2013, c’est le tout début des objets connectés. «On m’a dit: ʺC’est bien ton appareil, mais comment le relier avec le reste des équipements qu’on a dans l’atelier?ʺ» C’est ainsi que Frédéric Baetscher imagina une plateforme informatique munie d’applications permettant de superviser un «parc» d’objets connectés et d’analyser son fonctionnement en temps réel, y compris sur plusieurs sites.

Un boum en 2016

De quatre employés au départ, Stemys compte aujourd’hui onze collaborateurs, «dont neuf développeurs», précise le directeur. Un boum dû à l’arrivée de partenaires industriels dans l’actionnariat de la société il y a deux ans. «Nous avons la chance de compter parmi nos actionnaires le plus gros fournisseur d’outils industriels de Suisse», se réjouit Frédéric Baetscher qui n’entend pas en rester là. «Pour l’industrie, nous avons aussi créé un pôle d’entreprises sous la marque Jellix. Il regroupe une dizaine de partenaires, des fabricants de machines essentiellement, pour lesquels nous développons des plateformes et des applications. Notre objectif est d’atteindre la cinquantaine de partenaires, également à l’international. Un consortium que nous souhaitons mettre sur pied aussi pour nos activités dans le domaine de l’énergie (Stemys a notamment connecté tous les compteurs d’eau, d’électricité et de chauffage des bâtiments de la Municipalité de Porrentruy dans le cadre du concept de ville intelligente MySmartCity, ndlr).»

Rester dans le Jura

Et côté emplois? «Notre but à trois ou cinq ans est d’avoir une structure de 20 à 30 personnes, un noyau dur de recherche et développement ici, dans le Jura, et de créer d’autres structures à l’extérieur.» Mais Frédéric Baetscher de tempérer: «Nous avons vraiment la volonté de développer nos activités dans le canton, mais nous n’avons pas toutes les cartes en mains. La Suisse ne forme pas suffisamment d’informaticiens qualifiés. Le dernier employé que nous avons embauché est de Delémont, mais une partie de notre équipe vient de France voisine. Le manque de main-d’œuvre indigène qualifiée et l’instauration de quotas de travailleurs étrangers pourraient freiner notre développement… C’est une grosse préoccupation pour nous, bien plus que le franc fort!»

Un article d’Élise Choulat, publié le 13 septembre 2018, N°464

http://www.stemys.io/