Thomas Schaffter (UCA): «Je suis réaliste mais pas fataliste!»

Thomas Schaffter, président de l'Union du Commerce d'Ajoie et du Clos-du-Doubs (UCA), défend l'idée que «consommer local, c’est vital».
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Thomas Schaffter, président de l’Union du Commerce d’Ajoie et du Clos-du-Doubs (UCA) dresse le bilan des fêtes de fin d’année pour les boutiques ajoulotes, et aborde avec nous les défis à relever pour soutenir la consommation locale dans la région.

Journal L’Ajoie: Comment s’est passée la période des fêtes pour les commerçants de l’UCA?

Thomas Schaffter: Il est difficile de répondre pour l’ensemble des commerçants car le bilan peut être contrasté pour chacune et chacun d’entre eux. Ce que l’on peut d’ores et déjà qualifier de succès, c’est l’acquisition des bons UCA par les consommateurs et les entreprises de la place qui a fait un bond significatif à l’approche des fêtes (+18%), ce qui permet d’entrevoir des achats importants dans les semaines à venir également. Je profite de l’occasion de les remercier pour ce bel élan. Et je crois pouvoir dire que les efforts de communication et d’animation, lancés par les groupes de travail de l’UCA et divers partenaires comme la Jeune chambre internationale de Porrentruy et la communauté italienne, ont payé. En effet, la fête de la Saint-Nicolas et la crèche vivante proposée lors des ouvertures nocturnes ont eu un très bel écho et la population a été incitée à se rendre dans les commerces locaux.

En quelques mots, qu’est-ce que l’UCA?

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L’Union du commerce d’Ajoie et du Clos-du-Doubs est une association de défense et de promotion de la consommation locale. En d’autres termes, elle vise à unir les commerçants et leurs moyens pour sensibiliser le consommateur à choisir les produits et services proposés à leurs portes. Avec 19 nouvelles admissions contre seulement 4 démissions enregistrées lors de notre assemblée de novembre dernier, l’UCA est dans une phase de recrutement positive. Ce ne sont pas moins de 170 enseignes qui en font partie aujourd’hui, ce qui lui donne une assise légitime.

Qu’est-ce qui vous a motivé à reprendre la présidence de cette association?

Je dirais d’emblée les enjeux auxquels le commerce local doit faire face, à savoir le tourisme d’achats et la vente en ligne, qui sont des phénomènes en forte expansion. Avec un comité motivé autour de moi, je suis prêt à mettre mon énergie au service de la consommation locale car je reste persuadé qu’une région comme la nôtre a besoin de commerces pour assurer sa vitalité et son bien-être. J’ai coutume de dire que l’on trouve de tout dans notre district et notre canton, il suffit de le faire savoir et d’offrir des outils modernes pour les promouvoir.

On connaît les deux grands maux qui affectent le commerce local ajoulot, le tourisme d’achats en France et la vente en ligne. Le combat n’est-il pas perdu d’avance?

Je suis réaliste mais pas fataliste! Les deux maux que vous évoquez sont réels mais plutôt que de s’en plaindre et de baisser les armes, je suis persuadé que des projets novateurs peuvent contrecarrer certaines tendances. Je suis intervenu dans ce sens au Parlement jurassien pour que l’Etat et ses services se saisissent de cette problématique et apportent leur soutien aux commerces dans leurs projets de relance de la consommation locale. Une première rencontre a déjà eu lieu entre l’Etat et les représentants du commerce régional et je crois pouvoir dire que tout le monde est prêt et motivé à se mettre au travail.

Dans ce contexte, que penser du projet d’e-centre commercial ajoulot «dansmonquartier.ch»?

Ce projet a été lancé par des membres de la Jeune Chambre internationale soucieux de mettre en place un outil moderne, sous l’angle d’une plate-forme de commandes en ligne et de présentation des produits offerts par les commerces régionaux. Cette idée est séduisante mais doit pouvoir accueillir un nombre suffisant d’acteurs locaux pour atteindre son objectif. C’est dans ce but que ce projet a été présenté lors de la dernière assemblée de l’UCA. Les membres lui ont réservé un bon accueil, reste à s’assurer que suffisamment de membres de notre association y trouvent un intérêt et y prennent part.

Comment voyez-vous l’UCA dans deux ans? Quels changements aurez-vous apportés?

Une association renforcée par les projets qui auront été mis en place, en particulier celui d’une plate-forme internet à l’exemple de celle évoquée ci-dessus. Un tel outil fédérateur offrira une visibilité inespérée pour les commerçants de la région, et facilitera l’achat local avec les moyens de communication d’aujourd’hui.

J’espère que l’UCA se verra également renforcée par un dialogue constructif avec les acteurs politiques et économiques de la région. Et que le consommateur, sans chercher à culpabiliser certains de ses comportements d’achat, prenne conscience que «consommer local, c’est vital»!

Quelle sera votre première action pour l’année 2018?

De manière très concrète, ce sera une séance d’informations à nos membres sur un projet qui peut avoir des conséquences importantes sur le commerce local à Porrentruy, à savoir la réhabilitation du centre ancien portée par les autorités communales sous le nom de «Cœur de ville». La date a déjà été fixée avec le nouveau maire de Porrentruy, M. Gabriel Voirol, ce sera le mercredi 14 mars en soirée.


ENCADRE «CARTE D’IDENTITE»

Age: 44 ans

Etat-civil: Marié, père de deux enfants.

Domicile: Porrentruy

Formation: Licence en sciences politiques (UNI Lausanne), diplôme de journaliste RP (Maison de la communication), certificats en management public (IDHEAP)

Emploi actuel: Propriétaire et directeur du Centre d’impression Le Pays SA.

Parcours professionnel: Journaliste au QJ, Responsable de la communication et du marketing de la BCJ, Directeur régional CarPostal.

Hobbies: Tennis, marche, Hockey-Club Ajoie.


Propos recueillis par Claire Jeannerat, 11 janvier 2018, N°431

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