Un Ajoulot au cœur de la musique d’excellence

Grégoire Stucki (à gauche) travaille cette semaine avec le grand chef Bert Appermont. © Grégoire Stucki

PORRENTRUY La Fanfare Municipale de Porrentruy est son berceau musical, la musique d’excellence est son actualité: enfant du chef-lieu, Grégoire Stucki a intégré cette semaine l’Harmonie Nationale des Jeunes (HNJ). Il y est le seul représentant du canton du Jura.

C’est une semaine réservée aux «instrumentistes de bon niveau, résidant en suisse, âgés de 16 à 22 ans», peut-on lire sur le site de l’Harmonie Nationale des Jeunes (HNJ). Depuis samedi, une septantaine de musiciens – flûtistes, clarinettistes, percussionnistes, harpistes, etc. – sont réunis à Interlaken pour s’adonner à leur passion. Un camp de musique d’excellence qui se clôturera par trois concerts à Martigny, Muttenz et Thun, et auquel on ne peut participer que sur sélection. Cette année, un jeune Ajoulot y a fait son entrée. Il s’appelle Grégoire Stucki.

De la fanfare au jazz

Il n’a aujourd’hui que 17 ans, et pourtant son CV musical est déjà bien étoffé! Grégoire est né à Porrentruy, c’est là qu’il fait ses gammes. «La musique n’est pas une tradition familiale, commence-t-il. Papa a fait du piano comme tout le monde, pas brillamment; maman peut-être un peu plus… Par contre, on a beaucoup écouté de musique, mon père a une collection impressionnante de disques de rock! Dès l’enfance, nos parents nous ont inscrits, mes frères et moi, à des cours de solfège.» Et c’est avec un cornet dans les mains que Grégoire entre à huit ans à la Fanfare des Cadets, puis à la Fanfare Municipale de Porrentruy avec laquelle il joue encore aujourd’hui. «C’est l’instrument qu’on avait l’habitude de donner ici, précise-t-il. Mais j’ai toujours été fasciné par la trompette et je m’y suis mis il y a quatre ans.»

Mais le cornet comme la trompette sont des instruments difficiles, et Grégoire flanche parfois. «J’ai souvent eu envie d’arrêter… On joue tout seul, des choses très longues, rébarbatives, c’est moins convivial que la guitare ou l’accordéon. Mais aujourd’hui je remercie mes parents qui m’ont poussé à continuer, ils ont drôlement bien fait!» Car Grégoire a diversifié ses activités. «Un jour, j’ai eu envie de faire du jazz, et j’ai contacté le Point Jazz Band de Courgenay. Ils m’ont dit oui tout de suite», se réjouit le jeune homme qui prend rapidement des cours d’improvisation. «C’est très différent de la fanfare où on suit une partition, un rythme. En jazz, il faut se lâcher.» Puis notre Ajoulot continue son exploration musicale, joue avec les groupes de rock des collèges sous la houlette de Jean-Pierre Robert (qu’il suivra également plus tard dans son projet Collectif 7e Case) et est recruté par l’Harmonie Shostakovich, un orchestre qui regroupe une cinquantaine de musiciens du Jura et du Jura bernois. Puis Grégoire se prend à rêver de l’Harmonie Nationale des Jeunes.

Objectif Musique Militaire

Car l’HNJ, c’est une étape supplémentaire. «J’ai déjà participé à des camps, mais là, c’est quand même l’excellence nationale! Jouer avec des musiciens meilleurs que soi, c’est comme ça qu’on avance. On sera une septantaine, et surtout on travaillera sous la direction du Belge Bert Appermont, un chef d’exception. Dans le monde de la musique à vent, c’est LA référence! C’est motivant, mais aussi un peu stressant», confie notre jeune Ajoulot qui a donc été admis ce printemps suite à une audition… un peu particulière: «Les auditions prévues à Berne ont été annulées et j’ai dû me filmer et envoyer mes vidéos via l’application WhatsApp. J’étais sûr de ne pas être pris!»

Et pour la suite? «Je suis en deuxième année de bio-chimie option complémentaire musique au lycée. Après ma matu, je ne sais pas encore si je vais faire des études vétérinaires (et donc suivre les traces de son père, ndlr) ou de médecine humaine. Mais je ne ferai pas de la musique mon métier, c’est sûr. J’ai envie que ça reste un plaisir, pas une obligation. Par contre, à l’armée, j’aimerais pouvoir entrer à la Musique Militaire et l’HNJ pourrait s’avérer être une très belle porte d’entrée.» C’est tout le mal qu’on lui souhaite!

Un article d’Élise Choulat, paru le 12 juillet 2018 dans le N°457