Un jardin comme une œuvre d’art

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ALLE Pour certains, le jardinage est une activité purement nourricière. Pour d’autres, c’est un délassement bienvenu après de longues journées de travail. Pour Dominique et Daniel Bonnemain, c’est un art de vivre, le lieu d’expression de leur créativité et de leur complicité. Leur petit coin de paradis s’étend sur 2000 mètres carrés et sera exceptionnellement ouvert au public ce week-end.

Le portail est un brin austère avec sa mention «Chien de garde – Interdit d’entrer». Mais l’impression est démentie dès qu’on jette un regard par dessus la grille. Une allée bordée de massifs luxuriants, des arbres fruitiers, deux chaises de jardin recyclées en personnages, oh et tiens, des poules! Nous sommes chez Dominique et Daniel Bonnemain, à Alle. La voilà d’ailleurs qui vient nous accueillir, Dominique, dite «Doudou». Et son sourire, ses vêtements colorés et ses pieds nus confirment, si besoin était encore, que l’austérité est la dernière chose que l’on puisse associer à cet endroit.

Dominique et son mari Daniel, que tout le monde appelle «Coca», se sont installés ici, dans leur maison, en 1987. Le jardin n’était alors pas ce qu’il est maintenant. «On avait trois enfants, alors au début je n’avais qu’un petit jardin potager et quelques plates-bandes de fleurs.» Petit à petit, au fur et à mesure que les filles grandissaient, le jardin a fait de même, sans aucun plan préétabli: «On plante, on se dit “Tiens, là je pourrais mettre tel massif, je pourrais délimiter avec tel objet”, on cherche la plante vivace qu’on n’a pas encore…»

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Dominique et Daniel Bonnemain, joyeusement complices. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie

Sculpter la nature
Le résultat s’étend aujourd’hui sur plus de 2000 mètres carrés, entre la pelouse, les massifs et les plates-bandes, le biotope, le jardin potager, le verger, le parc des moutons, le coin des poules, etc. «On a tout fait nous-mêmes, ajoute Dominique. Je m’occupe plutôt des plantes et mon mari des aménagements, pavés, fontaines, etc.» C’est donc un jardin à quatre mains. «Tout seul on n’y arriverait pas», constate-t-elle.

Mais ce n’est pas qu’une question de main-d’œuvre: «L’un et l’autre on a besoin de créer. Chez moi en tout cas c’est viscéral.» C’est ainsi qu’ensemble ils sculptent la nature et leur espace, jouant des volumes et des couleurs, ajoutant ici une œuvre de la potière de Bonfol Felicitas Holzgang, là un objet insolite sorti de leurs mains et de leur imagination: «On aime beaucoup récupérer des objets et les transformer, comme cet ancien poêle dont on a fait une lanterne, ou cette chaise… Une idée en amène une autre. Un jardin, ce n’est jamais terminé.»

Avec tout ça, ont-ils encore le temps d’en profiter, de leur magnifique jardin? «Il y a toujours quelque chose à faire, mais ce n’est pas une charge émotionnelle ou physique. Au contraire, c’est comme de la méditation, je suis en symbiose avec la nature, ça me recharge», confie Dominique. On l’écoute, les yeux sur ce qui nous entoure, et le mot qui convient à ce lieu s’impose tout à coup: harmonie.

Claire Jeannerat

Un article publié dans notre édition du 21 juin 2018.

 

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