Un porte-bonheur venu du Tibet

Elisabeth Martinoli et ses trois chiennes Dekyi Tsering, Kaya et Tsamo (de gauche à droite). Ruth Laissue © Elisabeth Martinoli
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FAHY On dit de lui qu’il est joyeux, affectueux, dynamique et calme à la fois: le terrier tibétain ressemble en tous points au chien de famille idéal. Il a en tout cas conquis le cœur d’Elisabeth Martinoli qui en fait l’élevage depuis un plus d’un quart de siècle. Une belle passion à l’origine de bien des lignées de champions!

Wangthang signifie «présence authentique» en tibétain. Et vous l’imaginez bien, ce n’est pas un hasard si Elisabeth Martinoli a choisi ce nom pour son élevage de terriers… tibétains, précisément. «Ils sont vraiment comme des petites personnes, ils comprennent tout», s’enthousiasme-t-elle à l’autre bout du fil. Autour d’elle, pas un bruit malgré l’entourage de Kaya, Dekyi Tsering et Tsamo, ses trois chiennes. Elle confirme: cette race n’est pas bruyante. «On peut sans problème les prendre à l’hôtel, au restaurant, elles savent rester tranquilles. Elles n’aboient que pour avertir de l’arrivée de quelqu’un.» Mais n’allez pas croire: le terrier du Tibet – «qui n’est pas un véritable terrier, car il ne chasse pas» – n’est pas non plus un chien de canapé! Calme à l’intérieur, il aime bouger à l’extérieur. «Il n’est pas nécessaire de les porter!, rigole l’éleveuse. D’ailleurs, beaucoup de propriétaires font de l’agility ou du flyball avec», assure-t-elle.

De Zurich aux confins de l’Ajoie

L’histoire d’amour qui lie Elisabeth Martinoli aux chiens en général remonte à bien des années. «J’ai grandi au bord du lac de Zurich et nous ne pouvions pas avoir d’animal à la maison, regrette-t-elle. Moi j’ai toujours apprécié sortir, me balader dans la nature.» Sitôt hors du cocon familial, la jeune femme prend donc son premier compagnon à quatre pattes mais se rend compte que le caractère n’est pas forcément celui qu’elle aurait souhaité. «C’était un bouvier bernois croisé avec un berger belge. Il gardait bien la poussette des enfants, même un peu trop parfois! C’est pour cela que je suis ensuite partie sur des pure race. Là au moins, on connaît les différentes caractéristiques.» À la recherche du chien de famille idéal, elle prend alors un terre-neuve, très grand, très calme et appréciant le contact avec les petits. «Mais c’est aussi un chien de sauvetage, il adorait se baigner et allait tout le temps rechercher les enfants», rigole-t-elle.

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Ce n’est que plus tard, après avoir passé deux années sans animaux, qu’Elisabeth Martinoli découvre le terrier tibétain, ce chien de compagnie robuste, élevé initialement dans les monastères de l’Himalaya. «Les premiers qui sont arrivés en Europe avaient été offerts par les moines comme porte-bonheur à des voyageurs», relate-t-elle. Tombée sous le charme de cette race de taille moyenne (8 à 13 kilos), elle en adopte un en 1992 et décide trois ans plus tard d’en faire l’élevage. «C’est un chien propre, qui ne perd pas ses poils en période de mue. Il n’est pas nécessaire non plus d’aller chez la toiletteuse puisque le pelage isole tant du chaud que du froid. Par contre, il faut le brosser régulièrement. Personnellement, je le fais une fois par semaine en profondeur.»

Huitième génération

Installée depuis 2004 à Fahy, Elisabeth – qui a toujours fréquenté l’Ajoie où vit sa sœur depuis plusieurs décennies, et dont l’époux est jurassien – peut être fière de ses choix: «J’ai fait passablement de concours, d’expositions, et mes chiennes sont à l’origine de bon nombre de lignées de champions», se réjouit-elle. Mais l’esthétique n’est pas tout: «Le terrier tibétain est un chien de famille. Il doit pouvoir jouer avec les enfants comme aller courir avec son maître. Alors, en plus de la santé, je suis très attentive au caractère. Je connais bien celui de mes chiennes, et j’y fais très attention lorsque je recherche une nouvelle lignée paternelle.»

Aujourd’hui, Kaya représente la huitième génération de terriers du Tibet élevés chez Elisabeth Martinoli. Il se pourrait toutefois bien que ce soit la dernière: «Je vais continuer un peu l’élevage, mais je ne garderai plus de descendance», confie-t-elle. Quoi qu’il en soit, de nouvelles naissances sont d’ores et déjà annoncée pour le début de l’été à l’ancienne douane de Fahy. De quoi porter bonheur encore à quelques familles d’ici et d’ailleurs.

Élise Choulat 

Article paru dans notre édition abonnés n° 541 du 16 avril 2020

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