Un «Ptit’Bouchon» qui espère devenir grand

Mélanie Forêt, terroir, cuisine
Mélanie Forêt dans la cuisine où elle confectionne tous ses produits. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie
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COURGENAY C’est pour régaler ses enfants que Mélanie Forêt s’est mise aux fourneaux. Et c’est avec une recette de sa grand-mère qu’elle a décroché une médaille d’argent au Concours suisse des produits du terroir. La passion de la cuisine et le goût des bonnes choses, c’est une affaire de famille chez cette Ajoulote d’origine vaudoise. 

Les délices de Ptit’Bouchon: c’est sous ce nom qu’apparaît Mélanie Forêt dans la liste des médaillés au dernier Concours suisse des produits du terroir. «P’tit bouchon, c’est le surnom que mon mari me donne», explique-t-elle, le sourire aux lèvres. Quant à «délices», il fallait bien un mot qui résume la longue liste des gourmandises qu’elle mitonne dans sa cuisine. Parmi elles, de grands classiques de la gastronomie ajoulote, comme le toetché, le toetché lardé ou le gâteau au fromage; des confitures et des gelées, des sirops, des biscuits, de la crème de cassis. Mais aussi, et c’est moins courant en Ajoie, des spécialités vaudoises: le gâteau payernois, à base de noisettes; la salée, un gâteau à la crème… sucré; et le gâteau du Vully, en version sucrée et salée.

Un assortiment bi-cantonal, donc, comme l’est aussi Mélanie Forêt: native de Payerne, elle s’est installée à Courgenay il y a trois ans avec son mari ajoulot et leurs deux enfants. Mais c’est bien dans son canton d’origine qu’a germé son amour de la cuisine et des bonnes choses: «Mon papa était  boucher et tenait un restaurant, mon frère a un restaurant, et moi aussi j’ai toujours aimé cuisiner. D’ailleurs j’aurais voulu travailler dans ce milieu-là. Mais j’ai privilégié ma vie de famille.» Elle a donc opté pour un apprentissage de polymécanicienne, puis a travaillé pendant un temps comme écuyère, avant de devenir maman au foyer. 

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«Made in Courgenay»

Mais tout vient à point à qui sait attendre. Car c’est justement en cuisinant pour ses enfants que Mélanie Forêt a commencé son activité: «Je voulais savoir ce qu’ils mangent, que ce soit moins sucré, moins gras, etc. J’ai commencé à faire des gâteaux et des biscuits pour leur goûter, des confitures et des sirops, et en faisant déguster à droite et à gauche on m’a dit que c’était bon, que je devrais commercialiser mes produits. Mon mari aussi m’a pas mal encouragée.» 

Ainsi naquirent il y a deux ans Les délices de Ptit’Bouchon. Des délices largement «made in Courgenay» puisque tout est confectionné dans la cuisine familiale et qu’une bonne partie des matières premières provient du village, que ce soit du jardin potager de Mélanie ou des champs de la famille Stump. «La farine vient des Moulins de Vicques, le sureau je l’ai cueilli à Damphreux, où l’oncle de mon mari a une ferme», énumère la productrice, qui veille aussi à ce que les ingrédients qu’elle utilise soient au maximum exempts de pesticides. 

Et pourquoi pas de la gelée coing-safran?

On l’a compris, à l’heure actuelle, Mélanie Forêt travaille à une échelle modeste. Ses produits sont uniquement disponibles chez elle (sur commande pour certains d’entre eux) et sur quelques marchés, principalement à Courgenay et dans le canton de Vaud. Mais la jeune entrepreneuse compte bien développer son activité. C’est dans cette optique qu’elle a participé fin septembre au Concours suisse des produits du terroir, à Courtemelon. Bien lui en a pris puisque le jury a décerné une médaille d’argent à sa gelée framboises, mûres et raisinets – une recette inspirée par sa grand-mère, s’il fallait une autre preuve que l’amour de la cuisine est inscrit dans l’ADN de sa famille.   

 Claire Jeannerat 

www.lesdelicesdeptitbouchon.ch ou sur Facebook, «Les délices de Ptit’ Bouchon»

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