Un seul toit, plusieurs générations, beaucoup d’activités possibles

Les travaux se préparent à l'école enfantine de Bonfol. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie

BONFOL Des enfants et des seniors penchés au-dessus d’un jardin potager, des aînés faisant la lecture aux petits: voilà ce que l’on pourrait bientôt voir à Bonfol, où un foyer de jour pour personnes âgées ouvrira ses portes au-dessus de l’école enfantine au début de l’année prochaine.

Des centres de jour pour personnes âgées, le canton du Jura n’en compte que quatre à l’heure actuelle (voir encadré). Mais dans quelques mois, un cinquième lieu s’ajoutera à la liste. L’association Part-Âge, à Bonfol, prévoit en effet l’ouverture de son foyer de jour le 1er janvier 2019. Particularité: il sera situé au-dessus de l’école enfantine, ce qui permettra d’organiser des activités communes pour le bénéfice de tout le monde, espère la présidente de Part-Âge Mélinda Ritter.

Peut-être faut-il rappeler en préambule ce qu’est un centre de jour pour personnes âgées. Destinés aux seniors qui vivent à leur domicile, ces centres sont des lieux où ils peuvent passer une ou plusieurs demi-journée(s) ou journée(s) par semaine et partager différentes activités proposées et encadrées par des professionnels. Il s’agit de «rompre l’isolement, offrir un lieu d’écoute et d’information, maintenir ou développer les compétences», énumère Mélinda Ritter.  

De Bonfol et des alentours

Le futur centre de jour de Bonfol prendra donc place au dessus de l’école enfantine, dans un appartement aujourd’hui vide. Les citoyens du village ont voté en décembre dernier un crédit de 550’000 francs pour la rénovation du bâtiment. La demande de permis a été déposée il y a trois semaines et les travaux devraient pouvoir débuter à la fin des vacances d’été. C’est ce qui a permis à l’association, qui tenait son assemblée générale la semaine dernière, de fixer la date du 1er janvier 2019 pour l’ouverture des lieux.

D’ici là, c’est à la collecte de fonds qu’elle consacrera son énergie. «Nous avons 130’000 francs à trouver pour les aménagements intérieurs et peut-être extérieurs, comme un potager par exemple, et pour l’achat d’un véhicule qui nous permettra d’aller chercher les gens chez eux et de les y ramener», indique Mélinda Ritter. Car les futurs utilisateurs viendront non seulement de Bonfol mais aussi des villages environnants. Une étude réalisée il y a plusieurs années avait montré que le public potentiellement concerné s’élevait à une centaine de personnes.

Bricoler, se promener ou… boire l’apéro!

A terme, c’est-à-dire dès 2021, le foyer de jour de Bonfol sera ouvert cinq jours par semaine et pourra accueillir jusqu’à dix personnes par jour. Mais le déploiement des activités se fera progressivement, avec pour la première année trois jours d’ouverture par semaine et six personnes par jour. De même, l’effectif du personnel passera de 1,5 poste en 2019 à 2,6 postes en 2021, comprenant assistant(e)s socio-éducatif(ve)s, auxiliaires, concierge et secrétaire.

Mais finalement, qu’est-ce qu’on y fera, dans ce foyer de jour? Toutes sortes de choses, imagine Mélinda Ritter: «Manger, s’y promener, bricoler ou tricoter… Boire l’apéro, aussi. Ça fait sourire, mais c’est important!» Le programme se mettra en place petit à petit, en fonction des envies des usagers et des idées de l’équipe. Même chose pour les futures synergies avec l’école enfantine, qui se discuteront entre les enseignantes et le personnel du foyer. Jardinage, lecture, bien des choses sont possibles, qui permettront de valoriser le savoir-faire des personnes âgées et de laisser aux plus petits des souvenirs inoubliables.

Claire Jeannerat, 29.03.2018, N° 442


Il manque encore de nombreuses places

Le Canton du Jura compte à l’heure actuelle quatre foyers de jour pour personnes âgées: Les Marguerites à Saignelégier, Au Bois Husson à Porrentruy, Sur la Doux à Delémont et La Valse du Temps à Cornol (qui s’adresse plus spécifiquement aux personnes atteintes de troubles du type Alzheimer). Ces quatre lieux totalisent 47 places, loin encore des 195 que prévoit la planification médico-sociale du Canton pour 2022. Les dix places du futur foyer de Bonfol sont donc loin d’être superflues.

Le financement de ces établissements est analogue à celui des crèches, répartis entre subventions de l’État et participation des usagers. Pour une journée entière, y compris le repas de midi, ceux-ci déboursent une cinquantaine de francs. «Cela peut paraître cher, reconnaît Mélinda Ritter. mais il faut savoir que certaines assurances complémentaires prennent en charge tout ou partie de ces montants. Et puis, nos aînés le valent bien, non?» CLJ