Une première boîte à livres qui suscite l’engouement

Lisa Raval
Lisa Raval pose devant la première boîte de l’association installée à Porrentruy. Copyright: Kathleen Brosy, Editions L’Ajoie
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PORRENTRUY L’association bruntrutaine «Boîtes à livres» a installé en juin sa toute première boîte à Porrentruy. Premier bilan avec Lisa Raval, à l’origine de l’initiative, qui remarque que l’installation remporte un certain succès. 

La présidente de l’association bruntrutaine «Boîtes à livres», Lisa Raval, l’indique d’emblée: elle ne reçoit pas de retours directs, mais constate que la première boîte à livres, située devant la Coop à Porrentruy, est bien utilisée. «Nous pouvons voir qu’il y a du roulement: nous allons vérifier la boîte toutes les semaines, pour y remettre de l’ordre et l’entretenir.  Nous observons que passablement de bouquins sont déposés et emmenés, se réjouit Lisa Raval. Et il ne s’agit pas que d’une personne, mais de plusieurs qui s’arrêtent chaque semaine. Le contenu de la boîte est actualisé, nous en déduisons donc que l’initiative plaît.» Le bilan de ces premiers mois est donc très positif. «Cet engouement fait plaisir. Les livres ne sont pas des objets que la population jette facilement, elle y est très attachée, c’est affectif. Beaucoup de personnes prennent contact avec moi pour en céder.»

Un emplacement bien choisi

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Mais qu’est-ce qui explique ce succès? «Le concept plaît, relève Lisa Raval. Je pense également  que nous avons bien choisi le lieu, car il y a du passage, tant des jeunes lycéens qui viennent manger à midi que des citoyens qui viennent faire les courses.» De plus, selon la Jurassienne, malgré l’ère numérique, la population reste toujours attachée aux livres, éprouve toujours autant de plaisir à bouquiner. 

Aux alentours de 13 heures, un vendredi d’août, Annie Totems s’approche ainsi de la boîte à livres qu’elle vient tout juste de découvrir. L’habitante de Belfort de 62 ans, qui est aujourd’hui de passage à Porrentruy, a l’habitude d’utiliser ce genre d’installations. «A Lausanne et sa banlieue par exemple, il y en a passablement», observe-t-elle. Elle y déniche des livres pour elle, mais aussi pour ses proches ou des personnes âgées qui vivent en institutions et «qui ne peuvent pas se déplacer eux-mêmes». La Française apprécie particulièrement ce concept. Mais pourquoi? «L’argument premier est bien entendu le fait que ce soit gratuit. De plus, c’est convivial, et nous pouvons avoir de belles surprises, trouver des livres en bon état ou qu’on ne dénicherait pas ailleurs.»

«Les gens ne réfléchissent pas à s’ils achètent le livre, s’ils vont le lire et si celui-ci va leur plaire, détaille encore Lisa Raval. Si ce n’est pas le cas, ils peuvent toujours le ramener ou le déposer dans une autre boite.» Enfin, pour la responsable, le fait d’avoir choisi des portes en plexiglas pourrait également expliquer cet engouement. «Je voulais que les gens puissent voir ce qu’il y a à l’intérieur. Et qu’ils ne soient pas obligés d’ouvrir une porte d’armoire, que ce soit accessible facilement.»

Plusieurs missions en une boîte

Pour la présidente de l’association, l’aspect «recyclage» de la démarche est important, tout comme le souhait d’ouvrir la culture à tous. Un autre souhait de l’association est de mettre sur pied des lieux de partage: «Je remarque que les passants s’arrêtent, regardent et discutent entre eux. Nous vivons dans une petite ville, mais nous ne nous parlons pas forcément. Cette boîte permet d’échanger quelques mots. » Lisa Raval insiste toutefois: l’idée n’est pas d’entrer en concurrence avec les librairies et bibliothèques. «C’est simplement de proposer quelque chose en plus, de complémentaire. C’est une approche différente.» 

Kathleen Brosy 

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