Une tranche d’histoire industrielle jurassienne contée en images par un Ajoulot

Michaël Beuchat devant la fonderie de Choindez. © Lilou Beuchat

COURGENAY Cinéaste amateur, Michaël Beuchat vient de signer un film sur l’histoire de la fonderie Von Roll à Choindez. Un documentaire qui fait un véritable tabac dans la région et qui met dans le même temps le réalisateur ajoulot sous le feu des projecteurs. Une célébrité et une reconnaissance soudaines qu’il gère avec décontraction.

Jamais, et c’est lui qui le dit, il n’avait imaginé que cela se passerait comme ça. Jamais. Cinéaste amateur et Ajoulot d’adoption, Michaël Beuchat surfe depuis plusieurs semaines sur la vague du succès. Une vague qui a même eu tendance à ressembler parfois à un tsunami. «C’est un truc de fou. Ça a commencé au mois de décembre quand j’ai présenté mon film aux ouvriers. Depuis, ça n’arrête pas, tout le monde veut le voir.»

Baptisé De feu et de fonte, le film en question retrace l’histoire de la fonderie Von Roll de Choindez et a pour personnages principaux certains de ses anciens employés et habitants de la localité. Un sujet on ne peut plus d’actualité, depuis l’annonce de l’arrêt de la fonderie au mois de juin dernier par la direction du groupe Von Roll. «J’étais déjà en train de tourner quand l’annonce est tombée. À la base, j’avais dans l’idée de faire un reportage relativement simple et court sur le musée Von Roll, à Choindez. Mais au final, le film s’est transformé en un documentaire historique complet sur le site en question», raconte le réalisateur amateur et, cela ne s’invente pas, ancien apprenti chez Von Roll à Choindez.

Un monstre de l’industrie

Projeté pour la première fois fin janvier sur grand écran, De feu et de fonte est désormais à l’affiche de Cinémont et a été vu par des centaines de personnes déjà. Michaël Beuchat, lui, s’est en parallèle retrouvé en «une» de tous les médias, régionaux et nationaux. Une notoriété soudaine que le citoyen de Courgenay gère avec le sourire. «Comme je l’ai dit, je ne pensais vraiment pas que mon film marcherait aussi bien. Déjà, avoir la chance de pouvoir le projeter au cinéma, c’est assez dingue. Mais, rendez vous compte, pour certaines séances, ils ont dû refuser du monde! Je n’y crois toujours pas.» Pour le réalisateur ajoulot, membre du Caméra Club Jura, ce succès aussi soudain que total réside dans le sujet de son film: «La fonderie Von Roll à Choindez est un monstre de l’industrie dans la région. Tout le monde ou presque, dans la Vallée de Delémont, a un ami ou un proche qui y a travaillé. Imaginez si, avant d’être rachetée, Burrus avait annoncé l’arrêt d’une partie de sa production à Boncourt… Un film sur l’histoire de l’usine aurait sans doute connu un succès identique!»

De feu et de fonte, un film au cœur d’un monument industriel jurassien. © Michaël Beuchat

Dans les salles de l’Arc jurassien

Une chose en entraînant un autre, le film de Michaël Beuchat sera à l’affiche de plusieurs cinéma de l’Arc jurassien dans les semaines à venir: La Chaux-de-Fonds tout prochainement puis Moutier, peut-être Bienne et, finalement, Porrentruy au mois de mai. «Je vais maintenant profiter de ce film, de ces projections et des rencontres qui en découlent. On verra plus tard dans quel projet cinématographique je me lancerai. Ce qui est sûr, c’est que j’ai déjà plusieurs idées!» Des projets qu’il faudra mener de front avec un emploi à 100% et une famille, à plein temps également.

Un article de Sébastien Fasnacht, publié le 21 février 2019, N°485

LE CINÉMA POUR FAIRE FI DE LA FRONTIÈRE
Le Caméra Club Jura et son homologue français, le Club amateur vidéo Belfort-Montbéliard, organisent ce dimanche 24 février un festival de cinéma transfrontalier. Et pour accueillir le public et les quinze courts-métrages «faits maison» qui y seront projetés, quoi de mieux que la salle flambant neuve de Cinémajoie à Porrentruy? Entre deux productions des vidéastes amateurs ajoulots et français, Michaël Beuchat diffusera la bande-annonce de son film De feu et de fonte, en attendant la projection complète de son film en terre ajoulote, au mois de mai prochain. Le programme complet du Festival transfrontalier se trouve sur la page Facebook du Caméra Club Jura. SF