Vivre avec un malade atteint d’Alzheimer

Marie-Thérèse Dressayre, de Paris, auteure du livre « C’est un autre qui nouera ta ceinture » et dont le mari a été victime de la maladie d’Alzheimer, donnera son témoignage le vendredi 19 avril à 16h30 au Centre paroissial et culturel de Courgenay. A l’occasion de sa venue, Philippe Charmillot, responsable de l’Unité pastorale Saint Gilles-Clos du Doubs, nous propose un extrait d’une interview, parue dans la revue « Prier » n° 400.

Comment avez-vous réagi lorsque les médecins ont diagnostiqué chez votre mari, en 1998, une aphasie progressive primaire ?

Nous avons été sidérés: mon mari allait, dans un délai impossible à prévoir, perdre peu à peu le langage, puis serait entraîné inexorablement vers une altération intellectuelle globale. A 60 ans, la mort se profilait à l’horizon.

Vous l’avez accompagné pendant 15 ans…

Les sept premières années à la maison. Une période où il avait encore conscience du travail de sape que la maladie était en train d’opérer. Il s’est mis peu à peu à ne plus pouvoir faire les gestes de la vie courante, à ne plus se souvenir de l’usage des objets les plus simples, à se perdre…

Où est-il donc votre Dieu ?

Avant la maladie de mon mari, nous avons été confrontés à la mort de notre second fils, atteint d’un cancer. Cette question du «pourquoi» est une impasse… Il faut essayer de passer du «pourquoi» au «comment». Il est plus fécond de se demander comment nous allons traverser une situation qui s’impose à nous. Le Christ a accompli sa mission d’amour sans se détourner de la croix. Il va jusqu’à mettre de l’amour au cœur même du scandale de la croix. Il nous ouvre ainsi un chemin escarpé par lequel nous avons, nous aussi à passer: permettre aux forces de vie de l’emporter malgré la mort qui rôde.

Propos recueillis par Philippe Charmillot